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vendredi, décembre 01, 2023

"Orinoco" de Daniel Bourdon (France, Venezuela, Colombie)


"Orinoco, relation de la très longue et aventureuse conquête de l'Orénoque dont la source resta cachée jusqu'au milieu du siècle qui précéda le nôtre.", c'est le titre et sous-titre de ce petit livre intrigant.

Parce que "Orinoco" est un objet littéraire intéressant. Je l’ai découvert et lu parce que Paula Cadenas, amie de l’auteur et co-lectrice, aimerait l’inviter pour les Collecteurs.

C’est un travail de recherche sur la découverte, entre le 15e et le 21e siècle, des sources de l’Orénoque. Ça parle de grandes aventures, de mythes, de conquistadores. Et c’est en fait un voyage dans le monde des livres, des récits, de la fabrication de l’histoire, des histoires.

mardi, novembre 21, 2023

« Misericordia » de Lidia JORGE et traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues (Portugal)

« Qui a déjà essayé en effet de décrire le quotidien d’une vie en EPAHD à la première personne ? C’est le défi qu’a relevé Lidia Jorge, en s’inspirant notamment de l’expérience de sa relation avec sa mère, récemment disparue.

Dona Maria Alberta est une femme d’un certain âge, comme on dit pudiquement, dotée d’un sacré caractère. Elle vit dans cet Hôtel Paradis, un établissement pour personnes âgées. Elle attend régulièrement la venue de sa fille écrivain, même si parfois ces visites lui causent bien du tourment. Le matin elle a droit à la toilette effectuée par le personnel soignant, toujours trop rapide comme dans toute maison de retraite, puis elle est conduite en fauteuil roulant auprès des autres résidentes, puisqu’elle n’a plus l’usage ni de ses jambes ni de ses mains.

dimanche, octobre 29, 2023

Projet Bali : collecte de livres pour enfants à l'attention des familles de détenus (2023)


Notre association de lecteurs/lectrices soutient la création de
«Boîtes à Livres» (
BALI de son petit nom)
pour des enfants (de 0 à 10 ans)
rendant visite à un parent détenu

Les Collecteurs organisent une collecte de livres d'enfant – état neuf ou très bon état – pour les offrir à des enfants de détenus qui viennent rencontrer leur parent.

Les livres seront mis à leur disposition dans les salles d’accueil pour les familles en attente de parloir ou dans les salles d’accueil « parents-enfants ».

En partenariat avec des associations de soutien aux familles sur les Centres de détention de Montpellier-Maguelone et Nîmes.


Mise à jour d'octobre 2023

Fin septembre 2023, Claire E., membre des Collecteurs et visiteuse Cimade, a remis  un lot de 14 livres pour enfants au SPIP (Service pénitentiaire  d’insertion et de probation) de la prison de Villeneuve-Les-Maguelone .

Madame Braun est responsable de ce nouveau projet qui vise à remettre un livre à un père détenu qui, lors de la visite de son enfant au parloir et après l’avoir lu avec lui, le lui offrira en cadeau.

samedi, octobre 07, 2023

"Il n’y a pas de Ajar" de Delphine HORVILLEUR (France)


Grâce à notre amie Hélène Honnorat membre des Collecteurs, j’ai découvert « Il n’y a pas de Ajar » de l’autrice Delphine Horvilleur et c’est un très bon livre.

D’abord parce qu’il est écrit par Delphine Horvilleur, brillante intellectuelle qui est par ailleurs une femme rabbin, qui nous a enchanté avec « Vivre avec nos morts » – entre autres.

Mais aussi parce que cet essai (mais est-ce un essai ? Difficile à cataloguer) est sous-titré : « Monologue contre l’identité ». « L’humour est une affirmation de supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive », cite-t-elle en exergue de cette partie, une citation de Romain Gary dont il va être beaucoup question dans cet essai.

Et c’est vrai que ça fait du bien, dans ces quelques phrases, d’entendre un souffle totalement différent de ces messages identitaires qu’on entend sur toutes les ondes et sur tous les réseaux sociaux.
Pour tenir son propos, et dans une première partie, elle rend un hommage appuyé à ce subterfuge bien connu des littéraires du dédoublement de Romain Gary en Émile Ajar obtenant deux fois le Prix Goncourt sous deux identités différentes.

mardi, juin 27, 2023

MEMO : Les dates de nos réunions du samedi matin pour 2023-2024 !

La nouvelle saison – la 9e ! – est déjà sur les starting-blocks !

Pour votre adhésion 2023/2024, c'est par ici !

Et voilà les dates à retenir dès maintenant...



"KL Complots et Caducées" de Hélène Honnorat (France, Malaisie)

 

Notre amie Hélène des Collecteurs publie un nouveau livre réjouissant !

Caroline est une jeune femme accompagnatrice d’un congrès international de médecins sur le thème du sommeil. Nous sommes à Kuala Lumpur en Malaisie, en 1998.

Elle est en mission pour « Caducées Tour » pour faire en sorte que ce colloque, dans de somptueux hôtels de luxe (dont la peinture est encore fraîche), se déroule sans accrocs. Elle est accompagnée de Boris, de la belle Sarasvati, et surtout du beau Maxime qui lui fait tourner la tête.

On se balade dans la ville de Kuala Lumpur – alias « Confluent vaseux traduit littéralement – en visitant tout particulièrement les deux fameuses tours Petronas d’une hauteur de quatre-cent-cinquante-deux mètres, et qui font la fierté de ses un-million-six-cent-mille habitants.

mardi, juin 06, 2023

" Il n’y aura pas de sang versé" de Maryline Desbiolles (France)

C’est toujours un plaisir pour moi de retrouver l’écriture de Maryline Desbiolles, une grande styliste injustement méconnue selon moi.

« Tout se passe entre 1868 et 1869, d’abord en Italie, au Piémont, puis en France, enfin dans la seule ville de Lyon. Les personnages sont essentiellement des femmes. » Ainsi commence Il n’y aura pas de sang versé, et ce récit va raconter un pan d’histoire tout à fait méconnu : la première grève officielle de femmes ouvrières sur les pentes de la Croix Rousse.

La première femme s’appelle Toia, elle vient du Piémont, et on lui a proposé un travail qui ne peut pas se refuser : elle ira dans un atelier à Lyon, sera logée et nourrie avec d’autres bonnes filles comme elle. On les appelle les ovalistes : elles vont garnir les bobines des moulins ovales, où l’on donne au fil grège la torsion nécessaire au tissage.  Elle va gagner un franc quarante, 1.40 Frs, par jour pour les ovalistes, 2 Frs aux ouvriers moulineurs.

jeudi, avril 20, 2023

La poésie d'Anna Serra (Catalogne)

Je suis amoureuse est un plaidoyer poétique de l’amour, publié aux éditions Lanskine.

Ce livre est un ensemble de quatre textes où la poésie se cherche comme expérience des énergies de l’amour. Chacun de ces poèmes rythme par l’écriture une étape particulière, une quête, un mouvement vers l’autre, un partage d’énergie jusque dans sa dimension cosmique. Un manifeste vient clore cet ensemble : une invitation à saisir les intentions de cette poésie pulsée.
« Les Poètes ne se reconnaissent pas à leur invention d’une forme nouvelle mais parce qu’ils.elles sont amoureux.ses… »

L’Absolu de ma machine est également publié aux éditions Lanskine.

mercredi, avril 19, 2023

"Les Abeilles grises" d'Andrei KOURKOV (Ukraine)


Imaginez un roman dont les éléments majeurs sont des ruches avec des abeilles bourdonnantes, une grenade, un cadavre que personne ne veut aller chercher, une thérapie par une sieste au-dessus des ruches à proposer au gouverneur de la région … et placez le tout dans un paysage dont les noms frémissent à nos oreilles depuis février 2022 : le Donbass, Marioupol, la Crimée.

Qu’est-ce qui fait que nous, lecteurs, allons nous attacher à un apiculteur vieillissant, séparé de sa femme et de sa fille, vivant dans un village déserté par tous sauf par son meilleur ennemi Pachka – qui pourrait être aussi une sorte d’ami – puis quittant son village pour une autre région où il pourra déposer ses ruches à proximité d’un champ, et enfin rejoignant la Crimée pour retrouver un ami apiculteur rencontré lors d’un congrès d’apiculture ?

C’est l’écriture.

mercredi, mars 29, 2023

"Nuits de noce" de Violaine Bérot (France)


 Ce petit livre il faut seulement l’effleurer, ne rien dévoiler de l’histoire qu’il raconte. Ne pas dire pourquoi ni pour qui il a été écrit. Simplement se laisser porter par les mots. Par cette histoire d’un amour incandescent et doux à la fois, d’un amour unique, hors du commun, qui se prolonge toute une vie. Cela commence ainsi :

 « Dès le premier moment aperçu et aimé
instantanément
lui
l’homme interdit
le prêtre

devant la foule

Dès le premier moment convaincue
moi
que lui serait
l’homme de ma vie. »

"La Compagnie des spectres" de Lydie Salvayre (France)

Je fais ma cure de Lydie Salvayre. J'ai repris « La Compagnie des spectres », qui met déjà en place certains thèmes récurrents de l’œuvre, et avec quel talent ! La réclusion volontaire (on peut l'opposer à l'enfermement, qu'appellerait peut-être la pathologie mentale de la mère), le pouvoir qu'exerce à tour de rôle un personnage sur l'autre (la fille a de son propre aveu « quelques talents pour le despotisme », mais quid de la mère qui lui confisque par son délire paranoïaque toute vie dite normale ?), le passé qui, sans cesse, fait irruption… le tout avec l'humour ravageur de Lydie Salvayre.


Hélène Honnorat

Et pour en savoir plus sur la cure d'Hélène, rendez-vous sur Babelio, ICI !

lundi, mars 20, 2023

"Le tribunal des oiseaux" d'Agnes Ravatn, traduit par Terje Sinding (Norvège)


"Allis Hagtorn cherche un havre de paix, une nouvelle vie loin des projecteurs. Elle pense les avoir trouvés en acceptant un poste d’aide à domicile dans un petit fjord perdu. Mais l’homme qui l’embauche est loin d’être un vieillard démuni : âgé d’une quarantaine d’années, Sigurd Bagge est un individu taciturne et mystérieux qui dit avoir besoin d’aide pour gérer sa maison pendant l’absence de son épouse. Mais à mesure que les mois passent, Allis commence à douter que sa femme ait l’intention de revenir. A-t- elle seulement existé ? D’une intensité rare, "Le Tribunal des oiseaux" est un huis-clos envoûtant dans lequel le lecteur – à l’instar des personnages – se tient en équilibre fragile entre crainte et obsession."

... nous disent ses éditeurs.

On se demande tout du long de quel côté de la balance ça va pencher... jusqu'à la fin !

vendredi, mars 10, 2023

"Sarah quand même " de Régine Detambel (France)

Lumineuse idée, de faire d'une « Susan » éperdue, indispensable et maltraitée, la narratrice de « Sarah quand même » ! Les grands créateurs – et créatrices – ont souvent besoin d'esclaves utiles, tour à tour amantes (très brièvement, ici), confidentes, interfaces entre leur brio et la vie quotidienne… voir Marguerite Yourcenar et Grace Frick, Beauvoir et Bianca Lamblin…

Grâce à Susan, donc, à qui Régine Detambel prête sa plume étourdissante, nous accompagnons Sarah Bernhardt dans les vingt dernières années de son existence, qui ne sont pas les moins tumultueuses. Ne plus être enveloppée de « la gélatine de la jeunesse » n'empêche Sarah ni de foncer ni de séduire. Cette affamée de succès joue tous les rôles, masculins ou féminins (L'Aiglon, Hamlet, Phèdre, Tosca…) À la scène comme dans la vie, la ligne de démarcation entre les sexes ne sera jamais pour elle un obstacle. La différence d'âge non plus. Bientôt septuagénaire elle parcourt les États-Unis, en tournée avec son jeune amant Lou Tellegen, de presque 40 ans son cadet.

jeudi, février 23, 2023

« Les sources » de Marie-Hélène Lafon (France)

Le saccage d’elle-même.

C’est l’une des explications que donne Marie-Hélène Lafon pour expliquer. Expliquer pourquoi cette femme qui vit dans sa ferme, dans cette journée ordinaire, n’arrive pas à se lever de la chaise sur laquelle elle est vissée.

C’est pourtant une journée ordinaire, un samedi de Juin 1967, où l’on va descendre chez ses parents avec ses trois enfants, et pourtant c’est une femme qui est dans l’attente de ce qui va survenir.

Parce qu’il y a la peur. Une angoisse constante, en suspension.

On se dit qu’elle va s’organiser pour partir, que ce n’est pas possible de rester là, humiliée par ce mari sans joie, dont elle connaît le moindre geste, la moindre humeur prévisible, et que tout était programmé.

La peur sourd d’elle, elle est très palpable.

mercredi, février 01, 2023

"Ça raconte Sarah" "Qui sait" "Maison Tanière" de Pauline Delabroy Allard (France)

 

"Ça raconte Sarah" est un roman d’amour, mais réservant surprises et exaltations, un livre très réussi, captivant, désormais en collection de poche, à lire et relire. Magnifique hommage, œuvre rare.

vendredi, janvier 13, 2023

"Nomenclature" de Dionne Brand (Trinidad et Tobago et Canada)

 


Dionne Brand

Nomenclature


Ce magnifique volume propose un ensemble remarquable de la poésie de Dionne Brand, offrant aux lecteurs assoiffés une belle récompense. À la fois cohérent et complexe, le propos se décline en considérations subtiles et amènes, rythme et justesse : un vrai bonheur et une épaisseur à lire et relire.

Espérons une traduction française qui serait bienvenue afin de transmettre cette poésie d’outre-atlantique. Une œuvre aussi communicable qu’un bulletin météo, mais vraiment profonde et mémorable.