mardi, avril 30, 2013

Station service, de Anne Bourrel

L'auteure, Anne Bourrel, est née en 1970. Après des études de lettres, elle se consacre aujourd'hui à l'écriture de romans, pièces de théâtre et nouvelles. Elle organise également des ateliers d'écriture.



Un bordel à La Junquera, nommé le Gran Madam's. L'héroïne du roman, une étudiante en lettres roumaine nommée Bégonia, s'est retrouvée coincée là et vit de la prostitution. Elle tient grâce à la drogue et à l'alcool.

Cet extrait, situé au tout début du roman, en donne le ton :

« Son regard enfle.
Il défait son pantalon, je fais tomber les bretelles à paillettes. Je fais glisser la culotte, il garde sa chemise à carreaux sur le dos, il enfile le plastique sur son truc. J'ai les yeux qui voient pas, je vole, je flotte, je me mets ailleurs.
Il entre, s'affale, son souffle s'accélère, ses coups aussi, ça va durer longtemps, je suis secouée comme un arbre, secouée, secouée, secouée. »

Le lecteur est un peu surpris par cette description assez rude et très réaliste.
Un peu plus loin, Bégonia décide de fuir cet endroit de perdition avec son souteneur. Tous deux, accompagnés de leur homme de main, le Chinois, partent pour travailler dans un bordel de luxe. Sur leur route, ils rencontrent Marielle, une jeune fille un peu paumée qui a fugué et leur demande de la raccompagner jusque chez elle. Une aventure commence pour le trio. Ils aboutissent dans une station service près de Carcassonne, et découvrent le quotidien un peu terne de la jeune fille.
Peu à peu, ils se rendent compte qu'elle cache une grande souffrance. 
Au fil de l'histoire, Bégonia va beaucoup évoluer et peut-être même découvrir l'amour.

Ce roman, qui peut paraître rude au premier abord, est en fait agréable à lire grâce au langage parlé et surtout grâce à l'humour qui le traverse. Nous sommes face à une tragédie grecque adaptée à notre contemporanéité.

Nous recommandons ce roman à la traduction.

Claire Amiel

lundi, avril 22, 2013

La France sur le salon du livre de Bogota

Quatre ans après l'invitation de la France à la Foire du livre de Bogota, dont la 26e édition se déroule du 18 avril au 1er mai, le livre en français se maintient difficilement malgré les efforts faits pour l’apprentissage de la langue et la résistance de la librairie française.

plus d'infos sur 
http://www.francelivre.org/Actualites/Carte-blanche-a-Livres-Hebdo/Temps-de-solitude-pour-le-livre-francais-en-Colombie
 

jeudi, avril 18, 2013

Colloque international de littérature

Un colloque international de littérature aura lieu ce vendredi 19 avril à la Cité universitaire à Paris. Avec un programme très intéressant !
Pour plus d'informations, consultez ce lien.
http://mal217.org/ai1ec_event/ix-coloquio-internacional-de-literatura/

samedi, mars 23, 2013

Salah Stétié

Nous avons lu Salah Stétié : 
un colloque sera consacré à ce grand auteur le jeudi 4 avril à la BNF !
Petit auditorium (hall Est)
Entrée Ouest
Quai François-Mauriac, Paris 13e


Salah Stétié, né à Beyrouth en 1929, est l'un des principaux poètes et essayistes contemporains de langue française. Auteur d'une cinquantaine de livres, poésie et prose, il a également collaboré avec de nombreux artistes à la création de livres d'artiste. L'ensemble de ces derniers ouvrages (où l'on retrouve, entre autres, les noms d'Alechinsky, de Tapiès, d'Ubac, de Velikovic, de Titus-Carmel, de Hollan, etc.) font actuellement l'objet d'une grande exposition au Musée Paul Valéry de Sète). Une autre exposition regroupant des manuscrits, des oeuvres sur papier et de nombreux documents relatifs à l'oeuvre et à la vie du poète se tient actuellement à la Galerie des Donateurs de la Bibliothèque nationale de France.

Voici le programme du colloque :
matin
10h00 > Ouverture
Bruno Racine, président de la BnF
Président de séance de la journée : Daniel Leuwers, professeur émérite à l’Université François-Rabelais, Tours
10h15 > La donation et l'exposition Salah Stétié à la BnF
Marie Minssieux, commissaire de l'exposition
10h30 > Entretien avec Salah Stétié
Daniel Leuwers
11h00 > « Salut à Salah »
Michel Deguy, poète
11h15 > Lectures
Christian Gonon, sociétaire de la Comédie française
11h30 Pause
11h45 > La poésie de l’étranger
Michael Edwards, de l’Académie française
12h15 - 12h45 > Salah Stétié, le monde et le mot, noyau d’une méditation
Béatrice Bonhomme, professeur à l’Université de Nice-Sophia Antipolis
après-midi
14h30 > Salah Stétié, poète du feu
Jean-Yves Masson, professeur à la Sorbonne
15h00 > Salah Stétié : le dialogue avec la couleur
Maïthé Vallès-Bled, directrice du musée Paul Valéry de Sète
15h30
Lectures
Christian Gonon
15h45 Pause
16h00 > Une vie en Mémoires
Jean-Luc Barré, éditeur, directeur de la collection Bouquins, éditions Robert Laffont
16h30 > Transparence du bleu
Pierre Brunel, Professeur honoraire à la Sorbonne
17h00 > Arabesques autour de Salah Stétié
d’Alain Rey, écrivain lexicologue
17h30 - 19h > Concert
Julien Jalal Eddine Weiss


Attention : l'exposition au musée Paul Valéry se termine le 31 mars. Courez-y !
http://www.museepaulvalery-sete.fr/salah_stetie_et_les_peintres.php

mercredi, mars 20, 2013

Le site internet de l'afcm

La semaine culturelle 2013 de notre association a été un succès !
Merci à toute l'équipe ! Merci à vous tous qui avez participé !
Notre nouveau site internet est en ligne
http://amitiesfrancocolombiennesmontpellier.fr/
Il est encore en construction. Toutes vos critiques constructives seront les bienvenues !

Vous pouvez aussi consulter le blog de l'afcm
http://www.amitiesfrancocolombiennesmontpellier.blogspot.fr/

ainsi que notre page facebook
https://www.facebook.com/pages/AFCM/483621001698823?fref=ts
Et bien sûr, continuez à visiter régulièrement ce blog !

jeudi, mars 07, 2013

Les oreilles du loup, de Antonio Ungar

Dans Les oreilles du loup le monde de l'enfance se mêle à l'écriture de l'adulte pour raconter 6 ans de la vie d'un petit garçon.
Face à la réalité : la séparation des parents, l'absence du père, la tristesse de la mère, l'incompréhension à l'école, les difficultés matérielles, la méchanceté de la grand-mère...l'enfant se réfugie dans un monde hybride ou rêve et imagination se confondent.
Sur un territoire colombien qui va de la savane au Rio Magdalena, des Llanos Orientales à l'intérieur des terres, c'est un parcours d'initiation au bonheur que nous raconte Antonio Ungar d'une voix fraîche et limpide.
La vie, elle est dans les savanes, les plaines, les montagnes, autant de territoires de liberté, immensités colorées et rassurantes qui s'opposent à "la terrible grande ville du froid", espace gigantesque mais cloisonné, surveillé, en ruines, où le ciel est bas, où on voit la misère.
La ville est en négatif mais omniprésente, inévitable.
On prend plaisir à lire cette tranche de vie qui, entre naïveté et lucidité trouve le ton juste pour parler d'un petit garçon et d'un pays.

Michèle Montagut
Les oreilles du loup, Antonio Ungar, Paris, Points, 2004 pour la traduction française

vendredi, mars 01, 2013

Colombi'Arts

Littérature et arts colombiens seront à l'honneur pour l'inauguration de la semaine culturelle de notre association Amitiés franco-colombiennes de Montpellier, jeudi 15 mars 2013 (salle Jacques Ier d'Aragon, Montpellier, tram 1, 3 et 4 Rives du Lez).
L'ouverture se fera en effet autour des expressions artistiques urbaines en Colombie :
le comité de lecture, exceptionnellement ouvert au public, réfléchira autour des questions suivantes :

La littérature colombienne contemporaine : la ville racontée par les arts 

Comment les arts  plastiques, la musique, la danse ou le cinéma contribuent-ils à revitaliser le tissu narratif ?Peut-on parler d’une nouvelle génération littéraire en Colombie ? En quoi les stratégies narratives de cette « génération » sont-elles novatrices ? La présentation de quelques ouvrages nous donnera l’occasion d’en discuter.

La conférence de Natalia Ruiz-Poveda, historienne de l'art, nous permettra d'en savoir plus sur l'art urbain en Colombie :

L’art dans la rue : nouvelles expressions de la contreculture colombienne

De quoi parle-t-on lorsque l'on évoque « l’art urbain »? Quel rôle joue-t-il dans nos sociétés et dans la culture colombienne? Quel est le contexte dans lequel il a lieu ? Nous étudierons les thèmes généraux de ces manifestations artistiques, les techniques utilisées, le lieu où il se produit et son importance dans la société. Nous verrons également quels sont ses liens avec la contreculture colombienne, comme le hip hop ou le punk, et nous l’illustrerons avec les œuvres de deux collectifs actifs aujourd'hui à Bogotá : Toxicómano y Excusado Printsystem.

mardi, février 19, 2013

Congreso Iberoamericano de Literatura Infantil en Bogotá

"La capital colombiana será escenario del 5 al 9 de marzo del segundo Congreso Iberoamericano de Lengua y Literatura Infantil y Juvenil (Cilelij) que albergará a más de 50 escritores que discutirán durante el encuentro sobre la situación de las letras dirigidas a los niños y jóvenes", informó este lunes la prensa internacional.
para saber más 
http://www.telesurtv.net/articulos/2013/02/18/bogota-sera-sede-en-marzo-de-ii-congreso-iberoamericano-de-literatura-infantil-y-juvenil-5815.html#disqus_thread 

mercredi, février 13, 2013

Sin remedio, de Antonio Caballero



El autor
Antonio Caballero (Bogotá, 1945) es un escritor, periodista y caricaturista colombiano. Cursó estudios de ciencias políticas en Francia y ha trabajado como periodista y columnista para diversos medios de comunicación en Colombia y Europa. Es un gran aficionado de la tauromaquia y en 1992 escribió el ensayo “Toros, toreros y público”. En 1999 ganó el Premio Nacional de Periodismo Planeta por el libro “No es por aguar la fiesta”, una recopilación de sus mejores notas políticas.
La obra
Los lectores de las columnas de opinión de Antonio Caballero, encontrarán en su novela Sin Remedio el mismo tono cáustico e irónico que se ha convertido en el sello particular de este singular escritor y periodista que aborda sin tapujos la realidad colombiana con todas sus contradicciones. Considerada por la crítica como la “gran novela” sobre Bogotá, Sin Remedio narra la historia de Ignacio Escobar, un poeta de 33 años miembro de una familia de clase alta, quien se debate entre la falta de inspiración para escribir un buen poema y sus enredos sentimentales con varias mujeres. La obra, publicada en 1984, se desarrolla en los años setenta en una época donde ciertos males que hoy aquejan a Colombia, como el narcotráfico y el secuestro, estaban apenas en gestación.
Caballero recrea con detalle la vida cotidiana de la aristocracia bogotana mostrando los contrastes entre una mayoría que continúa aferrada a sus apellidos, privilegios económicos y prejuicios de clase, y un grupo de jóvenes militantes “burgueses” que tratan de conciliar su posición de clase con sus inclinaciones sociales y sus reivindicaciones políticas de izquierda. Bogotá, con su división simbólica entre el norte rico y el sur pobre, se convierte no solo en escenario sino en protagonista de las andanzas de Escobar, quien transita sin problema por las distintas zonas de la ciudad pasando tranquilamente de las refinadas fincas de la sabana y los restaurantes de lujo a los prostíbulos y los bares del mala muerte.
A pesar de su inercia y casi sin proponérselo, Escobar resulta siempre presente en el lugar de la acción. El poeta frustrado que solo quiere un poco de descanso para escribir su poema, se ve enredado en todo tipo de dramas que van desde simples riñas con la vecina de arriba hasta un intento de homicidio pasando por episodios de persecución política, insurgencia y terrorismo. Más que una víctima de las circunstancias, Escobar es el mártir de su propia indolencia. A lo largo de la extensa novela, sus familiares, amigos y amantes no hacen más que echarle en cara su pereza y apatía. Escobar es un testigo flojo que mira la vida con desgano pero al mismo tiempo tiene la lucidez para reconocer la hipocresía y la incoherencia de una sociedad “sin remedio” que intenta modernizarse en un clima de inestabilidad económica, corrupción y represión política.
La novela está disponible en francés bajo el título “Un mal sans remède”, de la editorial Belfond. Traducción de Jean-Marie SAINT-LU.

Por María Inés McCormick
Sin Remedio, Antonio Caballero, ed. Alfaguar, 2006, (Primera edición 1984), 576 pág.


vendredi, janvier 04, 2013

Bonne année 2013 !







Souhaitons-nous, souhaitons à notre comité de lecture une très bonne année 2013, et la réalisation de tous nos projets !
Depuis plus d'un an déjà nous nous réunissons chaque mois Espace Jacques Ier d'Aragon à Montpellier. Nous sommes déjà une vingtaine de fidèles lecteurs et nous aimerions encore agrandir notre groupe ! Voici un petit historique et une présentation de notre comité de lecture, destinée aux amoureux des livres : si vous aimez lire en espagnol et/ou en français, si vous souhaitez nous faire partager vos coups de cœur, venez vous joindre à nous !
Ce comité de lecture des Amitiés franco-colombiennes de Montpellier est né d'une rencontre. Paula et moi nous sommes connues en février 2011, grâce à Mónica. J'avais envie que puisse être créée une bibliothèque au sein de l'Espace Jacques Ier d'Aragon, lieu dédié aux cultures occitane, espagnole, latino-américaine et portugaise. Paula souhaitait faire partager son amour pour la littérature et son expérience de la promotion de la lecture.


L'association AFCM, grâce à Mónica qui en était alors la présidente, nous a aidée à définir et à organiser notre projet de comité de lecture. Nous avons décidé de le consacrer à la découverte des auteurs français, espagnols et latino-américains, pas ou peu connus de chaque côté de l'Atlantique. Notre but serait de partager nos lectures, d'une part, et d'autre part d'aider à la promotion des œuvres qui selon les membres du comité de lecture mériteraient d'être traduites (de l'espagnol vers le français, ou du français vers l'espagnol).
Nous avons peu à peu développé des liens et commencé à travailler avec : Languedoc-Roussillon Livre et Lecture, des éditeurs, des revues, la librairie Un jardin de livres, le réseau des médiathèques de l'agglomération de Montpellier. 


Nous organisons également des rencontres avec des auteurs et des professionnels de la chaîne du livre, parfois en partenariat avec d'autres associations ou des librairies.

Dès octobre 2011, nous avons constitué un petit groupe de lecteurs, qui nous sont restés fidèles depuis lors : Franca, Michèle, Claire, Serge et Leti. Mónica et Claudia, alors présidente et vice-présidente de l'association, nous ont appuyées et sont rapidement devenues des fidèles du comité de lecture.
Je veux remercier ici, chaleureusement, ce groupe de fidèles lecteurs qui, grâce à leur enthousiasme, leur entrain, leur sens du partage, leur amour des livres et de la littérature, nous donnent envie à Paula et à moi de poursuivre l'aventure, d'aller de l'avant et d'être créatives !


Merci également à Sophie, libraire de Un jardin de livres, qui nous met à disposition des livres en espagnol et en français et nous fait bénéficier de ses précieux conseils de professionnelle !


Johanne, Marie-Ange et Maria Inés sont à leur tour devenues des membres fidèles de notre groupe de lecteurs.
Patricio, Annie et Gabrielle se sont également joints à notre groupe.
Les nouveaux venus sont enfin Carlos, Antonio, Julio et Mariangela (nouvelle vice-présidente de l'AFCM). Merci beaucoup à tous pour tout ce que vous nous apportez.


Et ce n'est pas fini ! Nous espérons bientôt accueillir de nouveaux membres !
Par ailleurs, nous avons la chance d'avoir à notre disposition une belle salle de réunion grâce à la Mairie de Montpellier.
Que demander de plus ?
Nous nous retrouvons un samedi par mois autour d'un café (colombien!) et chacun(e) présente (ou pas) au groupe le dernier livre qu'il (elle) a lu et aimé (ou pas...). Nous avons ainsi pu sélectionner un certain nombre de livres à conseiller et à traduire si cela n'a pas encore été fait. Vous en trouverez une présentation sur ce blog, que nous nous efforçons de mettre à jour régulièrement, même si nous manquons parfois de temps... Notre blog ne reflète pas encore totalement, c'est dommage, la quantité de livres lus ni la qualité de nos échanges. 



Notez que l'idée n'est surtout pas de nous transformer en critiques littéraires, loin de là, mais tout simplement de partager et faire découvrir nos coups de cœur, comme des lecteurs communs et ordinaires que nous sommes ! Cela n'empêche nullement une certaine qualité dans nos échanges, venez et vous verrez !
Pour cette année 2013 nous avons plein de projets, que nous vous dévoilerons... patience... peu à peu : rencontres avec un éditeur, une traductrice, plusieurs auteurs...
Et le comité de lecture est en lien avec les autres activités de l'association Amitiés franco-colombiennes de Montpellier !
Nous proposerons notamment une table ronde dans le cadre de la semaine culturelle de notre association, du 14 au 17 mars 2013. Cette semaine culturelle proposera une palette d'activités : expo photos, atelier cuisine, cours de salsa et de zumba, atelier enfants, ciné-débat, rencontre littéraire, … et plein d'autres belles surprises ! A ne surtout pas manquer !
Et puis le comité de lecture sera de nouveau présent sur le festival de cinéma AFCM version 2013 ! (prévu pour novembre) A noter d'ores et déjà dans vos agendas !

Je m'adresse aujourd'hui à vous en tant que co-fondatrice et co-animatrice du comité de lecture, mais aussi plus largement en tant que directrice de l'association Amitiés franco-colombiennes de Montpellier. Je veux dire ici combien je suis ravie de partager mon temps et mon énergie avec l'équipe AFCM : un groupe très uni, sympathique, enthousiaste, chaleureux.
En octobre 2011, lorsque nous avons commencé les réunions du comité de lecture, je venais de vivre une rupture dans ma vie sentimentale et dans ma vie professionnelle. Le comité de lecture m'a permis d'aller de l'avant. Depuis octobre 2012, j'ai l'honneur et le bonheur d'être directrice de l'association Amitiés franco-colombiennes de Montpellier. Je suis heureuse d'avancer chaque jour dans la réalisation de nouvelles activités, d'aller de découverte en découverte, de belle rencontre en (encore plus) belle rencontre, et de contribuer à développer les échanges culturels entre la France et la Colombie, et plus largement entre la Méditerranée et l'Amérique Latine. Les projets sont nombreux, pour 2013 et pour la suite : nous mettrons toute notre énergie pour les mener à bien avec les membres du Bureau : Ruth, Mariangela, Serge et Stéphane.
Pour terminer, j'aimerais inviter les autres participants au comité à faire partager comme je l'ai fait ici leur expérience et leurs découvertes littéraires, afin de donner envie à de nouveaux lecteurs de se joindre à nous et de venir encore enrichir notre groupe.
Si vous souhaitez en savoir plus : n'hésitez pas, contactez nous !

afcm@hotmail.fr
Vous pouvez aussi laisser ici vos commentaires.
A très bientôt
Rachel Mihault  

dimanche, décembre 16, 2012

Rencontre avec Stephen Bertrand


Nous avons été très heureux d'accueillir Stephen Bertrand, poète montpelliérain, samedi 15 décembre, comme invité de notre comité de lecture. Ce fut une rencontre très agréable pour tous car Stephen Bertrand est comme sa poésie : tourné vers les autres. 
Il nous a fait le plaisir de nous lire des extraits de son oeuvre, largement inspirée par ses nombreux voyages à travers le monde et sans doute aussi nourrie de sa grande expérience de formateur en français langue étrangère (il aime l'idée d'"accompagner" ou de "marcher avec"). La thématique de la rencontre est ainsi très importante dans ses oeuvres, tout comme la rencontre texte-photographie.

Avant le colibri
comme pour ouvrir une voix

              A la fin son poème se lève et marche.
              Luis MIZON

Au premier rêve du rêve
c'était d'eau verte.
C'était calme et sel
aux commissures des vagues
sans bouches.
Et j'étais loin, si loin
de l'herbe-poème,
pas même maté
dans la bombilla du songe.
C'était calme et sel
à l'harmonica des soleils
pas même l'Inca
mais le silence rougeoyant
de la musique sans poitrine.

Au deuxième rêve du rêve,
dorsale, bossale,
vint la geste.
Et c'était la Baleine des baleines,
le grand coup de rien
d'avant la parole
puis cette bouche ouverte
aux fanons constellés de la nuit.
(J'ai pour preuve toujours
le diamant noir du nombril.)
Au deuxième rêve du rêve,
l'eau verte se mit à trembler
près de l'oreille comme abeille
au silence sucré d'une vasque.
Mais j'étais si loin,
que je ne pouvais courir,
je pourrais, je pourrais, c'est pourrir,
j'étais si loin de l'herbe-poème,
pas même mâché
dans la calebasse du son.

Au troisième rêve du rêve,
je tirais mes filets à Punta Arenas,
je tirais des larmes de sel et d'argent
comme des étoiles plates
et mortes.
Presque mortes...
Et c'était peut-être aussi
comme trembler et briller,
scier l'horizon
dans la beauté profonde d'un naufrage.

Au quatrième rêve du rêve,
du plus profond de cette bouche,
de cette bouche dans la baleine,
c'était d'abord un bourdonnement,
lancinant,
comme ces roues voilées à l'arrière des trolleys
qui prononcent toujours les rues de Chisinau.

Au cinquième rêve du rêve,
tout autour,
c'est maintenant la ferveur verte des eaux,
et dans la grand bouche-baleine
une porte de buée,
puis par la serrure des légendes
un grand courant d'air,
quand le rêve me rêve vivant
sous la portada d'Antofagasta.
Au cinquième rêve du rêve,
c'est l'éclipse, l'éclat, l'ici et là,
et la clé clignotante du colibri.
Et à ce craquement perpétuel d'allumette
le ciel reste à jamais bouche bée.

Au cinquième rêve du rêve,
vent-colibri se met à souffler,
chuinte et chante
dans la flûte glacée Chili.
Et, des trous-volcans de la flûte
qui se prend à respirer comme une corne,
des taureaux-volcans-narines de lave noire,
jaillissent des milliers de souffles
avec des mains aux cuivres des jours,
avec des mains de sel et de nuit
pour éclater les roches
sur la peau gercée d'Atacama,
des milliers de souffles
avec des îles-colibris, des fleurs-colibris,
des Andes tendues de pumas,
et des cyclomoteurs d'altitude au grand coeur,
beaux comme des vigognes à 47km/h
pour les parcourir
jusqu'au bec brisé du cap Horn.

Au cinquième rêve du rêve,
c'est aussi un feu d'Araucan
dont on disperse les cendres,
puis l'ombre noires des yeux
où de jeunes filles noient toutes leurs pirogues,
c'est la dispersion du vent près de l'oreille,
des colibris-lampes éclairent
les terriers des viscaches,
et les futurs enfants à naître et à ramper
dans les mines de Chacabuco.

Au sixième rêve du rêve,
c'est Iguaçu,
je suis en sueur
et au soleil insinué des gestes,
des gestes dans les arbres,
je l'entends,
dans cette vaisselle de silence
que brisent les rondas crépitantes des aras.
Au sixième rêve du rêve,
c'est le grand coup de rein de la parole,
et la Cordillère vertébrale qui tient debout,
avec dans la poitrine
la respiration émue
des troupeaux sans clôtures,
avec dans l'oreille,
et l'oreille des yeux,
à jamais,
l'eau verte et bouillonnante
de ma course déboussolée
au javelot magnétique de son bec.

Premiers dits du colibri, Stephen Bertrand, éd. Le Castor astral, 2007


























Il nous a également fait partager ses lectures, qui sont aussi variées que l'histoire du National Geographic, l'oeuvre de Blaise Cendrars et celle de Frédéric Jacques Temple, Barrio Flores de Philippe Claudel, Voyage à l'intérieur de l'Afrique de Mungo Park, Water music de T.C Boyle, La marge de André Pieyre de Mandiargues, ou Journal d'un animal marin de René Depestre.











Nous tenons à le remercier ici, et il sait qu'il est sera le bienvenu à toutes nos réunions !

mercredi, décembre 12, 2012

Hotel DF








-Ya te dije, trozan cadáveres, no hacen ruido, no despiertan ni molestan a nadie, cortan la carne en pedazos, pero los huesos no los cortan. Se dice que estudiaron medicina, es por eso que parecen doctores y no asesinos.
Nada saben los visitantes extranjeros que se alojan en el Hotel Isabel de la Ciudad de México sobre los extraños acontecimientos que tienen lugar ahí. Ellos también son absorbidos por el movimiento de una ciudad que se traga su imaginación. “La ciudad de la rapiña”, en palabras del propio autor. Los delincuentes se pasean a sus anchas por los pasillos y se confunden con la clientela y con los empleados del hotel. Frank, el Artista Henestrosa llega al hotel por azar, la buena fortuna le sonríe por unos días y decide aprovecharlos. Es a partir de su mirada, la mirada de un hombre gris y sin ambiciones, que la miseria que se vive en la ciudad y en el hotel comenzará a tomar forma y nos llevará a través de una serie de voces que recorren ciudad y hotel para encontrar ante ellos la desesperanza.

-Je te l’ai déjà dit, ils tranchent de cadavres, ils ne font pas de bruit, ne réveillent personne, ne dérangent personne, ils coupent la chair en morceaux, mais les os ils ne les coupent pas. On dit qu’ils ont étudié médicine, c’est pour ca qu’ils ressemblent à de docteurs et pas de assassins.

Ils ne savent rien, les visiteurs étrangers qui logent à l’Hôtel Isabel de la Ville de Mexico, sur les étranges événements qui y ont lieu. Eux aussi sont absorbés par le mouvement d’une ville qui avale leur imagination. « La ville de la rapine », selon l’auteur. Les délinquants se baladent dans les couloirs comme chez eux et se confondent avec les clients et les employés de l’hôtel. Frank, el Artista Henestrosa arrive à l’hôtel par hasard, la fortune lui sourit pendant quelques jours et il décide d’en profiter. C’est à partir de son regard, le regard d’un homme gris et sans ambitions, que la misère que les gens vivent à Mexico et à l’hôtel commencera à prendre forme et nous amènera à parcourir la ville et l’hôtel à travers une série de voix qui vont y trouver le désespoir.

Por : Julio Zárate

Hotel DF, Guillermo Fadanelli, ed. Mondadori, 2010

dimanche, décembre 02, 2012

Escarabeo

Escarabeo es una revista literaria colombiana. Aquí un artículo de Miguel Angel Herrera Zgaib que nos habla de El desbarrancadero, de Fernando Vallejo :
Fernando Vallejo no es un escritor cualquiera, sino que encarna una voz y una porsa inconfundibles cuya fama, si la tien, la ha forjado fuera de su terruño con los recuerdos de un trasterrado preso de una (des)ilusión oligárquica que lo desmorona lentamente. A distancia, viviendo en diversos puntos del globo, y particularmente, en México, en la colonia Condesa, un reparto decadente henchido de nostalgia, que amenaza ruina, ha producido una obra que se muestra a través de particulares formas expresivas con la primera persona como forma de interlocución válida.
En ella, y El Desbarrancadero es una pieza maestra, la narración se agolpa como un vómito existencial, donce la reflexión, la anécdota punzante y descarnada comparten compulsivamente jerarquía, y encuentran su exacto lugar para desprender su carga de profundidad iconoclasta en una suerte de caosmosis. Para juntar infancia y adultez en una negación de cualquier teleología para mostrar a los lectores, y en primer lugar, al sujeto de lo narrado, que dios ha muerto y cuán solos estamos.
No hay campo para duda. Vallejo tiene que haber conocido algo de Michel Foucault, y del desafío cultivado en el Renacimiento, cuando fenece el feudalismo, de tomar la propia vida para esculpirla a su manera, sin ofrecer concesiones a nada distinto que al querer inteligente de ser otro. A pesar de haber sido constituido de antemano de otro modo, por la existencia que de arranque a cada uno nos tocó vivir. En este caso, la de él, en la infancia a través de otro, su hermano cuya vida y muerte deseadas se convierten en el leitmotiv de este pequeño, encantador camafeo literario, que lo hace una pieza de excepción, a la vez que un alegato intimista contra una sociedad de la que el escritor se siente expulsado.
El hecho de nominar su serie de novelas cortas el Río del tiempo evoca una cierta deuda, una vecindad con el inmortal universo heracliteano. Para magnificar una pérdida irreparable que le ofrece lucidez  aFernando, recostado en el devenir de otro milenio. Al cual saluda literariamente así:
"¿O no, Darío? Tenemos que aguantar a ver si acabamos de remontar la cuesta de este siglo que tan difícil se está poniendo. Pasado el 2000 todo va a ser más fácil: tomaremos rumbo a la eternidad de bajada. Hay que creer en algo, aunque sea en la fuerza de la gravedad. Sin fe no se puede vivir."
Y el Darío, quien no es otro que su entrañable hermano, y cómplice de los primeros días se está desatando en una diarrea pantagruélica, que él parará con la sulfaguanidina, un remedio efectivo con la s vacas, que nos recuerda un lejano pasado agropecuario. A la vez que el jíbaro de su hermano se envolvía en marihuana sin remedio, pero esperanzado de la rumba prometida en la Côte d'Azur al fin de este juego mortal.
La marihuana, después de tres cucharadas de caldo de pollo, era oportunidad para reconocer la habilidad de un moribundo redivivo : "Desaramaba el cigarrillo que yo torpemente había armado y lo volvía a enrolar a su modo, con una habilidad y una rapidez pasmosas, como de cajero de banco contando billetes."
Y luego, el narrador en primera persona, como si quisiera poner fin al relato muy temprano, enseguida, en la página 29, de la edición de Alfaguara, ilustrada por una preciosa y enternecedora foto de los dos hermanos, dice : "No, me turba la conciencia que hoy me amaneció limpia. Limpia como el cielo de Bogotá cuando llueve, ¿te acordás, Darío? Nunca más habría de volver a Bogotá. Poco después habría de morir en esa casa de Medellín, en uno de los cuartos de arriba, arriba de ese patio. Lo que no sé es en cuál de todos murió, atiborrado de morfina. Yo para entonces ya no estaba, me había ido de esa casa, de esa ciudad, de este mundo rumbo a las galaxias para no volver."
Luego, Vallejo coquetea con el asunto de la eugenesia, a su modo, para referirse a su ancestro maldito marcado por la herencia de los Rendones, que por acso tocó en pleno el carácter de su hermano, y el de la Loca, que no es otra que la mardre común, a quien odia con todo, sin resquicios mentales o físicos :
"Ay los REndones, lo que nos han hecho sufrir, en primero y segundo grado ! Los Rendones son locos. Locos e imbéciles. Imbéciles e irascibles. Pese a lo cual andan sueltos en un país de leyes donde no existe una ley que les impida reproducirse".
Y páginas adelante aparece también de nuevo la biología aplicada como medicina a la enfermedad del último cuarto de siglo, el fantasma desolador del Sida con sus antecedentes discriminatorios y secuelas letales :
"Y la verdad le decía : hasta el fondo de un barranco yo lo había seguido, en el Sudebaker, una noche en la que se le cansó la mano al dar una curva. Pero hasta el infierno aún no, y él ahí está y yo aquí en el curso de esta línea, salvando a la desesperada una mísera trama de recuerdos."
Aquí viene el corolario gramatical de la trama que se desenchipará páginas arriba, como un verdadero, devastador pretexto:
"El examen para ver si portábamos en el torrente sanguíneo, entre tanta vitalidad desviada, el bichito solapado del sida nos lo hicimos juntos la víspera de uno de mis viajes a México, uno de tantos que he hecho entre el país de la coca y el país de la mentira, y en los que se debate desde hace mucho mi vida, de aquí para allá, de allá para acá, como pelota de ping pong, yendo y viniendo, jugando contra sí mismo mi destino."
El desenlace de la pesquisa científica sobre el sida aparece de repente, y de este modo aséptico en el relato que marcha sin pausa pero con prisa :
"Cuatro años habían pasado entre el resultado del análisis y la situación presente. Pero el contagio según mis cálculos venía de más lejos, pues de tiempo atrás estaba perdiendo peso y por eso le hice hacerse el análisis. Un mecucho amigo suyo le había diagnosticado hipoglucemia, palabra que suena muy bien, muy sabia, pero la hipoglicemia como enfermedad no existe, sólo como un estado pasajero. Era sida en proceso lo que tenía mi hermano, y se lo había contagiado vaya Dios a saber desde hacía cuánto."
Poco más adelante hay una referencia al idílico lugar familiar en que crecieron los dos hermanitos del cuento. A propósito del padre, quien vive en matrimonio con la Loca en un infierno disfrazado de cielo, según su decir. Esta evocación se quiebra de un modo brutal para liquidar su relación filial con una doble estocada, literaria y existencial :
"Perdón por la palabra, pero el castizo "hijueputa" y su verbo es lo máximo de que dispone Colombia para insultar, para odiar.Colombia, país pobre rico en odio.
Yo no soy hijo de nadie. No reconozco la paternidad ni la maternidad de ninguno ni de ninguna. Yo soy hijo de mí mismo, de mi espíritu, pero como el espíritu es una elucubración de filósofos confundidores, entonces haga de cuenta usted un ventarrón, un ventarrón del campo que va por el terregal sin ton ni son ni rumbo levantando tierra y polvo y ahuyentando pollos."
En la contabilidad de los años vividos por el hermano en capilla, hay un hiato para referirse a Medellín, chiquero de Extremadura trasplantado a Marte, y esto refiere como mirándolo desde arriba como Zeus tonante :
"A ver, a ver, a ver, ¿qué es lo que vemos ? Estragos y más estragos y entre los estragos las cabras, la monstruoteca que se apoderó de mi ciudad. Nada dejaron, todo lo tumbaron, las calles, las plazas, las casas y en su lugar construyeron un Metro, un tren elevado que iba y venía de un extremo al otro del valle, en un ir y venir tan vacío, tan sin ojeto, como el destino de los que lo hicieron. Colombian people, I love you ! Si no os reprodujerais como animales, oh pueblo, viviríais todos en el centro. Raza tarada que tienes alma de periferia !"
Y con Medellín viene el recuerdo de la madre odiada, la loca Rendón, para atribuirle a ella la muerte el padre amado :
"Lo que hizo sufrir a papi en sus últimos años esa puta Loca antes que lo matara ! Porque ella fue la que lo mató,, no el cáncer del hígado como diagnosticaron los médicos. El cáncer le mató el cuerpo, ella el alma".
Y también la presencia del hermano disruptor. El gran Güevón a quein lo fascinan las sambas :
"La Loca parió un engendro: el Gran Güevón que tenemos ahora crecidito, de la edad de Cristo, con esa misma barba y en su plenitud Rendón, poniendo sambas que atruenan el jardín, que ahuyentan a los pájaros y me impiden oír llegar la Muerte."
Los dos, la confluencia de la Loca y el hermano odiado son la causa eficiente para el final de Darío, y en este pasaje digno del Dante así lo pinta Vallejo:
"La Loca era el filo del cuchillo, el negror de lo negro, el ojo del huracán, la encarnación de Dios Diablo, y se había confabulado con su engendro del Gran Güevón para matar a mi hermano."
Hay luego dos momentos en que toda comunicación cesa con los padres, de forma diversa y por diferentes motivos. Ello ocurre en tiempos en que el padre está cercano a la muerte, en Medellín, en la cas del Barrio Los Laureles, que parece acompañarlo después a su habitación en México.
Este es el episodio con la madre:
"Quince días llevaba con el televisor prendido mientras papi se moría, y yo viéndola, negándome a creer.
-¿Qué ves?- le pregunté
Una telenovela muy buena con una mujer muy mala.
-La mala sos vos- le dije, y fue lo último que le dije poruqe no le volví a hablar.
Acto seguido le apagué el asqueroso aparato".
Y éste el cierre del diálogo interminable con el padre moribundo:
"La última vez que hablé con papi fue unos meses antes de su muerte, la víspera de una de esas inútiles partidas mías que por un muerto u otro terminaban siempre en el regreso. Como tantas otras veces, nos sentábamos en el balcón a conversar... hablábamos por horas y horas de nuestra pobre patria, de nuestra patria exangüe que se nos estaba yendo entre derramamientos de sangre y de petróleo saqueada por los funcionarios, sobornada por el narcotráfico, dinamitada por la guerrilla, y como si lo anterior fuera poco, asolada por una plaga de poetas que se nos vinieron encima por millones...".
Pero, la última vez que conversamos me cambió de tema.
"-¿Qué habrá después de la muerte, m'hijo?- me preguntó.
-Nada, papi- le contesté. Uno no es más que unos recuerdos que se comen los gusanos."
Más adelante hay recuerdos envolventes para la abuela idealizada, después de darle muerte a un perro rescatado agonizante de una alcantarilla, con la complicidad de Aníbal y Nora, dedicados a la profesión de cuidar perros y gatos en su encierro deprimente.
"Ay abuela si me oyeras, si vivieras, si supieras en lo que se ha convertido mi vida y este país y esta casa, ya ni nos reconocerías.
Y con la abuela se anuda en la memoria y el deseo el recuerdo, lejano y actual de su barrio:
Nunca más ! Mi barrio se murió, los carboneros lo tumbaron, las sombras se esfumaron, la brisa se cansó de soplar, la rapsodia se acabó y esta ciudad se fue al carajo calentando, calentando, calentando por lo uno, por lo otro: por tanta calle, tanto carro, tanta gente, tanta rabia."
Fernando Vallejo desmadeja un sartal de improperios, censuras y denuncias sobre México y Colombia. Este Memorial de Agravios nos recuerda lo dicho por Reinaldo Arenas en una de sus más emblemáticas y esperpénticas novelas, donde despotrica de Fidel Castro, la familia revolucionaria avejentada, y todo lo uqe a su alrededor crece, se marchita, y se derrumba en su prosa justiciera:
"Y he aquí que volviéndome del país del peculado al país de los sicarios suenan afuera unos tiros de ametralladora, y el alma que me habían descosido los zancudos con sus cuchillas de afeitar me la vuelven a coser a bala las ráfagas de la metralleta: tas-tas-tas-tas-tas.
Colombia asesina, mala patria, país hijo de puta engendro de España, ¿a quién estás matando ahora, loca? Cómo hemos progresado en estos años! Antes nos bajábamos la cabeza a machete, hoy nos despachamos con  mini-uzis. Y remontando el río del tiempo, a contracorriente de sus apuradas aguas que me quieren arrastrar, empecinadas, a la muerte, volvía los ojos a mi niñez, cuando el machete tomaba posesión de Colombia".
Después, navegando, en el mismo río como un Caronte criollo, sin contemplaciones con el Dante, avanza aguas arriba para encontrarse con el siguiente espectáculo anodino de la privatización de la política nacional de cabo a rabo:
"Vos lo único que te merecés, Colombia, es al maricón Gaviria, que con todos los huecos que te tapó y las calles que te construyó, te abrió la importación de carros y te embotelló tu destino... Ahora ya no vas para ningún lado (si es que para alguno ibas), país de mierda."
En seguida viene la muerte asistida del padre, que él realiza piadoso con una dosis de Eutanal. Claro, espera a que saliera su otro hermano, Carlos, para cumplir con el designio de hacerlo morir como a un perro, y despedirlo sin atenuantes del asedio del miedo que asiste a tanto mortal cuando emprende el último viaje al país de la nada:
"¿Qué me quería decir? ¿Que lo ayudara a vivir? ¿O que lo ayudara a morir? A vivir, por supuesto, él nunca quiso morirse...
Me levanté de la cama y me dirigí a un rincón del cuarto donde no me pudiera ver. Allí saqué la jeringa del bolsillo y le quité el protector a la aguja. Luego regresé a su lado y a la botella d suero: sus ojos vidriosos, perdidos, miraban al techo. Entonces hundí la aguja en el tubo de plástico, presioné el émbolo, y con la última gotita de suero que caía empezó a entrar el Eutanal. -Ay!- exclamó.
...Fue fulminante. Así había pasado con el perro. Lo miré cuando sus ojos se inmovilizaron en el vacío."
Y Vallejo piensa, igualmente, por qué no quitarse la vida con lo que le sobró del Eutanal. Pero, luego, piensa en que mejor es dejarle la tarea a un sicario, un modo de nominar a cualquier asesino en la Colombia caótica. Y hay tiempo para una disquisición física:
"El caos produce más caos. Y me ponen, señores físicos, esta ley como ley suprema, por encima de las de la creación del mundo y de la termodinámica, porque todas, humildemente, provienen de ella. El orden es un espejismo del caos."
En el pasaje del entierro con el ceremonial de los arreglos propios de las exequias Vallejo se despacha en una comparación con México y Cuba, y Colombia sale bien librada. Y de pronto se tropieza sentencia de modo premonitorio:
"Nunca lo sentí más perdido en esta vida ni más cerca del desastre. Su desconcierto se sumaba al mío, su fracaso al mío. Por lo menos Papi se había muerto sin saber que él estaba contagiado de sida...
- Y qué hubiera sabido!- le contesté leyéndole el pensamiento- El te contagió el sida de esta vida."
Después está el estruendo de la calle, en la escucha del radio del carruaje de la funeraria, que recuerda la anodina política nacional:
"Que Gavirita declaró, que Samperita decretó, que Pastranita conminó. A Papi lo despedían con mierda. Qué le vamos a hacer, entre la mierda nacemos y vivimos y nos vamos."
Ya en las cercanías del final, otra escena nos recuerda a su modo las celebraciones dionisiacas, primero en Nueva York, en el Admiral Jet de la Calle 80 del West Side, a dos cuadras del Central Park. Un edificio en el que Darío fungió de superintendente, donde Fernando le ayudó a destapar inodoros de negros, igualitos a los de los blancos. Y se produce un coloquio a propósito de dos fenómenos, uno natural, Dick, un negro con un pene que destroza paredes; y otro artificial, Sam, la máquina que muele desperdicios, la basura del Admiral Jet que entrega empacada y dispuesta. Y claro, un conciliábulo de ratas, una de las cuales, Maruquita, le recuerda a Fernando que en el mundo también hay ternura. Ella le lame la mejilla, y él le dice en colombiano:
"-Ay Maruquita, qué loca que sos! ¿No te da miedo de que te infecten los humanos?
Mandé la imparcialidad al carajo y le di el doble (de arroz). No le pidan equidad al amor que el amor es ciego."
Luego la escena cambia, como en el cine con el que lidió Vallejo en los primeros años:
Para volver con Dario una noche cerrada a Colombia el matadero. por una de esas careteritas fantasmagóricas del país de Thánatos.
"El paseo es idílico, ahora a la antioqueña, claro está, bañada de aguardiente. Es la apoteosis del Studebaker de la perdición, al "Este del paraíso", y al que llamaban la cama ambulante. Manejado con destreza por Darío. La evocación fluye un año después de la muerte del padre, cuando regresa por otra muerte anunciada. En el trayecto que conduce desde el Alto de Minas, de Medellín a Santa Bárbara para bajar a La Pintada rodeado de muchachos, -de "bellezas" es el cumplido-, que ha perseguido siempre a lo largo de su vida activa con la complicidad del hermano ahora moribundo:
"Ahí se da la compenetración más absoluta del sitio con el licor y del licor con el alma... El embeleco de Cristo un día pasará en ese país novelero: el aguardiente nunca. Sin aguardiente, Colombia no es Colombia. Su unión con él es la consubstanciación hipostática."
Y a la vuelta, un aroma le recuerda una finca, Santa Anita repleta de naranjos en flor donde habita el recuerdo grato del abuelo materno, quien indicaba  hasta la desesperación cómo recolectar las naranjas. Y poco después cruzando un puente sobre el río Cauca van a parar al río, y entonces Vallejo despierta, ahogándose con el sol en pleno rostro, y corre despavorido a buscar a Darío.
Después se le agolpan los recuerdos en una suerte de condensación cinemática. Ante la inminencia de la uerte del hermano querido, cuando sin curselerías contemplan fotos familiares que resumen el comienzo y el fin de una vida:
"Corrí a su cuarto y no estaba. Lo encontré abajo en el jardín bajo el sol mañanero hojeando un viejo álbum de fotos.
Y me señaló entre las fotos una de dos niños como de cuatro y cinco años:
-Nosotros.
¿Esos fuimos nosotros? Cuánta agua ha arrastrado el río!"
Se cuentan el mismo sueño del Studebaker cayendo al río Cauca, para concluir con rigor cuasi biológico: "Pero no se asombre demasiado que por algo era mi hermano: veníamos del mismo punto, del mismo hueco, unas entrañas oscuras llenas de lamas y babas."
Aparece ahora, recorriendo varios años en un instante, se presentifica la complicidad en la pederastia compartida y temprana, un hábito, un placer que no guarda remordimiento alguno. Viene con el recuerdo de un nuevo encuentro con Darío en Bogotá. Es aquella vez que le regaló su primer muchacho, una belleza de diciséis años:
"¿Sí te acordás, Darío, del Andresito que te regalé en Bogotá cuando nos reconciliamos y te contagié el vicio de los muchachos?"
Y sobreviene un excurso, como en la Etica de Spinoza, leída de revés, para recordar a la parturienta profesional que fue su madre, la Loca, que lo anima a pensar escribir un Tratado de la Maldad Pura dedicado, in memoriam, dice a Tomás de Aquino y Duns Scotto.
La escena se revela en México, donde Vallejo recibe la llamada de Carlos, su hermano, comunicándole que Darío ha muerto. Y al poquísimo tiempo también se muere él, su alma gemela. Y lo llevan, dándole eso sí una mordida al agente de la Procuraduría para que autorice su cremación. Y esto rememora Fernando de lo que parece ser su suerte final:
"Entré al horno desnudo, avanzando sobre una banda mecánica. Y no bien transpuse la boca ardiente del monstruo, umbral de la eternidad, estallé en fuegos de artificio. En la más espléndida explosión de chispas verdes, rojas violáceas, amarillas.
Hay de pronto, un retroceso en el tiempo, a contramano de Heráclito, al menos al cambiar de dirección el relato premonitorio:
"Cuando armaba la tienda de sábanas y reinstalaba a mi hermano en su hamaca, me puse a recordar a Tales, a Anaximandro, a Zenón, a Heráclito, a Demócrito, olvidados amigo de una olvidada Facultad de Filosofía y Letras... Esa mañana en el jardín mojado que secaba el sol, sentí con la más absoluta claridad, en su más vívida verdad, el engaño...
Pero de repente pum! Que me cae del mango uno maduro en la cabeza y que me enciende el foco: Newton se equivocó: no hay que multiplicar las masas, cada una actúa por separado; y no hay que dividirlas por la distancia al cuadrado sino por la distancia simple. O qué! ¿Es que la gravedad va y viene como pelota de ping pong? Ve a estos ingleses !"
Y vienen otras parrafadas motivadas por las ceremonias religiosas dispuestras para quienes van a morir, y Vallejo se despacha con catilinarias contra la Iglesia Católica. Y regresa de pronto, de nuevo, al manicomio del Barrio Laureles, la casa paterna de los Vallejo Rendón, en diálogo conciso con la muerte, quien le dice: I love you.
Pero, en realidad, el recuerdo es de Gustavo, un mexicano, travesti como el que más, quien en las noches se transmutaba en la reina Xochitl, la reina de reinas, la más bonita porque era la más horrorosa. Y en seguida casi, vuelta al Alto de Minas, y el escritor hace comentarios acerca de la magia aprendida en su escritura:
"Mi futuro está en manos de mi pasado, que lo dicta, y del azar, que es ciego. Y tocar el clavecín, como dijo Bach, es muy fácil: hay que pulsar la nota justa en el momento justo con la intensidad justa."
Se bajan los dos hermanos y los muchachos con quienes liban alcohol, aguardiente para más señas:
Abajo, en la oscuridad, se abre Colombia inmensa, y aunque no la veamos sentimos cómo palpita -tibio, acogedor, seguro- su corazón.
Y regresa en el recuerdo desatado al Admiral Jet, para desear que aquella deleznable caja de cartón con esta bazofia adentro (se queme) no bien pare de nevar y no haya nieve que extinga el fuego. Que ardan el edificio y sus fornicadores de paredes.
Y aparece la sentencia que define al escritor desatado contra la moral, la ética y las buenas costumbres y modales burgueses:
"¿Odio luego existo? No. El odio a mi me lo borra el amor. Amo a los animales: a los perros, a los caballos, a las vacas, a las ratas, y el brillo helado de las serpientes cuando las tocas me calienta el alma.
Y estamos de frente a la agonía de Darío, a quien lo agota una diarrea interminable, y quien nunca entendió el amor de Fernando por los animales. Pero, antes, el propio Vallejo se dispone con toda la ira del mundo a acabar con otro hermano de un varillazo, luego, que éste, Cristoloco, apagó la luz, para dejarlo sin calentador, bañándose con agua fría, pero el último de los hermanos se había ido.
Esa noche fue la última en Medellín también. Y lo describe premonitoriamente así:
"Al amanecer me marché para siempre de esa casa. Y de Medellín y de Antioquia y de Colombia y de esta vida. Pero de esta vida no, eso fue unos días después, cuando me llamó Carlos por teléfono a México a informarme que le acababan de apurar la muerte a Darío..."
Y se declara en franca rebeldía con la muerte cuando va camino del aeropuerto, y pasa por la entrada del cementerio de San Pedro, se rebela contra el Angel del Silencio.
"¿La muerte? Cuál muerte, ángel pendejo! La Muerte, si te digo la verdad, a mí siempre mi hizo en la vida los mandados."
Y el taxi siguió la marcha haciendo rechinar las llantas en medio de charcos que pronto se convertían en el río del tiempo físico y virtual:
"Arroyos enloquecidos bajaban de la montaña volcándose sobre la carretera... No se veía un palmo. De una curva a la otra nos encontrábamos ascendiendo a contracorriente de un río. Como un miserere doliente..."
Y con el viaje por concluir, el naufragio llega a su fin, se cierra el círculo sin atenuantes, y el relato deja la marca indeleble:
"En este instante entendí que se acababan de cortar mis últimos vínculos con los vivos... y sobre el paisaje invisible y lo que se llama el alma, el corazón, llorando: llorando gruesas lágrimas de lluvia."
El Des(barrancadero), esta corta novela cosida a otras tantas en El Río del tiempo, no deja duda, cierra un ciclo y abre otro en la vida de Fernando Vallejo. Este vástago de oligarcas quien con prosapia desenfadada de aristócrata, se mueve entre el cielo y el infierno para declamar su ateísmo, su amor desbordado y su odio confeso, que lo descubren también como un romántico al cierre del relato. No hay duda que este es un ejercicio desacralizado, devoto en el conocimiento de sí mismo. Y a la postre, también, una escritura que pone con ribetes estéticos y ritmo cinematográfico lo que Michel Foucault intentó sin lograr concluir, en la Historia de la Sexualidad, jugándose de paso la vida en un épico, desgarrador duelo con el sida, la enfermedad de fin de siglo.



mercredi, novembre 28, 2012

Andrea Echeverri

Vous avez aimé la musique du film Perder es cuestión de método : vous serez ravis d'apprendre que sa chanteuse a reçu un prix :
http://m.semana.com/enfoque-principal/terca-como-mula-canto-como-ninguna/188224-3.aspx

Des nouvelles de la FIL...

et ce livre de Gabriel García Márquez...
http://blogs.elpais.com/papeles-perdidos/2012/11/entre-premios-y-homenajes.html
à suivre...
plus d'informations sur la Foire du Livre de Guadalajara
http://www.fil.com.mx/
(le Chili est le pays invité cette année)

mardi, novembre 20, 2012

Notre festival a connu un beau succès !

C'est un beau succès qu'a connu le festival du cinéma colombien organisé ce week-end par notre association, Amitiés franco-colombiennes de Montpellier.
Le film projeté en ouverture, vendredi soir, a été très apprécié : Perder es cuestión de método (Perdre est une question de méthode), de Sergio Cabrera.



Patrick Bedos présente au public de la salle Rabelais (à Montpellier) le film Perdre est une question de méthode, de Sergio Cabrera.

La table ronde du samedi après-midi, sur le thème "Littérature et cinéma colombiens : l'esthétique de la violence", a également recueilli tous les suffrages.

Christian Gros, sociologue, professeur émérite à l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine, nous a décrit la situation de la Colombie, prise depuis de nombreuses années entre différents acteurs entretenant une violence continuellement et quotidiennement présente, tant en milieu urbain qu'en milieu rural. Il nous a invité à faire la différence entre les chiffres (nombre de morts, de déplacés, inégale répartition des terres, …) qui permettent de mesurer statistiquement la violence, et la violence effectivement ressentie par la population. Il a dressé un panorama très complexe et contrasté de ce pays qui doit affronter différentes problématiques dans les domaines politique et socio-économique, mais qui enregistre un taux de croissance relativement élevé, et qui possède de grands atoûts, notamment une population formidable et chaleureuse, qui fait que tant de personnes tombent amoureuses du pays.
Carlos Tous, doctorant en littérature colombienne, a rappelé qu'à partir des années 1980 la violence est aussi liée aux cartels de la drogue, en plus de celle des FARC et de la guerrilla. Mais la situation se modifie, et la nouvelle génération d'écrivains cherche à questionner l'Histoire et à représenter la violence d'une autre façon. L'intérêt de la littérature sera de tenter d'aller montrer ce qui se trouve derrière des chiffres ou derrière les faits divers que l'on peut lire dans les journaux. Ces écrivains insistent sur la cause de cette violence : la pauvreté est un état de violence. Nous retrouvons dans ces romans contemporains (et dans les films pour ceux qui ont été adaptés au cinéma) une forte critique politique : critique du gouvernement, de la religion et de l'Eglise. Par exemple, on notera dans le roman (adapté au cinéma) de Fernando Vallejo, La Virgen de los sicarios (remarquons au passage le jeu sur les mots « Virgen de los milagros ») une forte critique de l'Eglise, qui amène à une banalisation de l'acte de violence (le sang est partout, la couleur rouge sur fond noir et blanc rappelle le tricolore du drapeau : rouge, bleu, jaune...). C'est à travers une parodie de la violence qui a touché la ville de Medellín pendant les années Pablo Escobar, que l'auteur parvient à plonger le lecteur dans la dure réalité.
Puis Patrick Bedos, programmateur de cinéma, nous a expliqué l'intérêt du film noir : comprendre une société. L'essentiel n'est pas vraiment de savoir qui a tué, mais de découvrir, au fil de l'enquête, tout un monde. Le film Perder es cuestión de método, de Sergio Cabrera, est fidèle au roman de Santiago Gamboa. On y trouve une véritable interrogation sur un passé, un présent, un futur. Le personnage de Estupiñán, l'acolyte du détective Silanpa, est très intéressant sociologiquement, de même que de nombreux personnages secondaires (le groupe de nudistes, les politiciens corrompus, …) : on peut dire que tout cela constitue l'humanité du cinéma. Ce film montre pourquoi et comment le Colombien moyen a envie de se battre pour une nouvelle Colombie. L'esthétique du film témoigne d'un engagement militant (le véritable mal de la Colombie est la corruption, notamment celle des élites). Par ailleurs, ce qui donne toute sa force au film, c'est l'humour distancié. Nous sommes face à une esthétique de la violence très particulière : réel et imaginaire ont ici une relation complexe. Le rire est un outil nécessaire, qui permet une prise de distance de la part du spectateur.

L'échange avec le public fut très intense et enrichissant. Un grand merci à tous les participants, et tout particulièrement aux membres de notre comité de lecture !

Nous remercions chaleureusement les trois intervenants à la table ronde, ainsi que Paula Cadenas, co-animatrice du comité de lecture de l'AFCM, modératrice ce jour, et Maria Inés McCormick et Michèle Montagut, toutes deux membres de notre comité de lecture, qui ont sélectionné et lu des extraits du roman de Santiago Gamboa, Perdre est une question de méthode. En voici un :

«Ils roulèrent sur le périphérique jusqu'à la 92ème rue. Il avait mal à la gorge, un peu de fièvre et en arrivant à la 7ème avenue, il eut une violente quinte de toux. Il ne manquait plus que ça. En sortant le spray contre le mal à la gorge qu'il avait acheté le matin même, il sentit un coup de frein. Levant les yeux, il vit que le chauffeur tenait un revolver braqué sur lui, à quelques centimètres de son nez.
- Lâche ça, connard ! Lâche ça ! Ou je te fais sauter la cervelle. Sa main tremblait. Les voitures qui suivaient s'étaient mises à klaxonner.
- Je ne sais pas de quoi vous parlez, monsieur. La voix lui manquait. Ce n'est pas...
- Làche-le, connard ! Voleur de merde ! Jette-le par terre ou je t'éclate le crâne !
- Mais c'est un truc pour le mal à la gorge ! Regardez ! Il se fit gicler la moitié du flacon dans la bouche. Regardez ! Regardez !
Le visage du chauffeur de taxi se décontracta peu à peu. Ses yeux cessèrent de jeter des flammes. Aux traits déformés par la fureur, succéda un vague air d'étonnement.
- Alors ce n'est pas un gaz paralysant ?
- Du gaz ? Mais vous avez bien vu que j'ai avalé presque tout le flacon !
Les klaxons de voitures se firent pressants et le chauffeur baissa son arme tout confus.
- Excusez-moi, monsieur. J'ai cru que je me faisais attaquer. Je dois vous dire que depuis que vous êtes monté, avec cette allure... »

samedi, novembre 10, 2012

Le programme du festival de cinéma



Voici le programme du festival de cinéma organisé par notre association, Amitiés franco-colombiennes de Montpellier, salle Rabelais à Montpellier (du vendredi 16 au dimanche 18 novembre 2012).

A noter tout particulièrement :
la table ronde "Littérature et cinéma colombiens : l'esthétique de la violence". Avec Christian Gros, sociologue, professeur émérite à l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine - Université de Paris III ; Patrick Bedos, programmateur de cinéma ; Carlos Tous, doctorant en littérature colombienne. Modératrice : Paula Cadenas, spécialiste en littérature comparée. 

L'entrée est libre pour la table ronde.
Petite restauration sur place.
Tous les films sont en espagnol sous-titrés en français.
Entrée 4 euros, pass festival 10 euros, 5 euros étudiants (pass culture).

mardi, octobre 30, 2012

L'écrivain et l'autre

Carlos Liscano est né à Montevidéo, en Uruguay, en 1949. Il a subi dès l'âge de 22 ans la terrible répression de la dictature des militaires : il fut emprisonné et torturé pendant 13 ans. Il est romancier, nouvelliste, poète et journaliste. Ses œuvres sont traduites en français et dans plusieurs langues. Les plus connues sont La route d'Ithaque et Le fourgon des fous.

Ce livre est un superbe essai sur la littérature et sur l'écriture. 
Rien à dire de plus qu'à laisser parler le texte de Carlos Liscano, comme une mise en bouche pour susciter chez le lecteur, à travers ces extraits, une envie d'en lire davantage... :

« Tout écrivain est une invention. Il y a un individu qui est un, et un jour il invente un écrivain dont il devient le serviteur ; dès lors il vit comme s'il était deux. Celui qui veut être écrivain doit inventer l'individu qui écrit, ou l'individu qui va écrire ces œuvres, car lorsque le serviteur l'invente l'écrivain n'existe pas encore. »

« Se justifier, se comprendre, se réaliser, se distraire à travers l'écriture. Parce que le moi se définit en écrivant. Parce qu'on devient meilleur lecteur en écrivant. Comme quelqu'un qui acquiert la conscience de la parole puis ne peut cesser d'écouter les gens dire des choses sans signification objective et est fasciné de voir tout le temps les bouches s'ouvrir pour ne rien dire. Il en va de même avec l'écriture. A partir d'un certain moment de la réflexion on lit et on se demande non pas comment il est possible que quelqu'un ait écrit cela, parce qu'on peut écrire sur n'importe quoi, mais comment il a pu l'écrire de telle façon. Jusqu'au jour où, en lisant, on est surpris : J'aurais bien aimé écrire ça. C'est le meilleur éloge qu'un écrivain puisse faire à un autre. » 

Rachel Mihault

L'écrivain et l'autre, Carlos Liscano, Belfond, 10/18, 2007

 

lundi, octobre 22, 2012

35 morts

35 morts
de Sergio Alvarez
(traduction de Claude Bleton)
Fayard, 2012
(éd. originale : 35 muertos, Alfaguara, 2011)


Sergio Alvarez est un écrivain colombien, né en 1965 à Bogota. Après avoir travaillé comme scénariste pour la télévision, le cinéma et la publicité, il publie son premier roman, La lectora, qui sera primé et traduit en plusieurs langues. Pour écrire 35 morts, il a consacré une dizaine d'années à une recherche conséquente sur l'histoire et le milieu de la drogue en Colombie.

A travers l'histoire d'un personnage à la dérive, qui tour à tour mène des combats politiques, tombe amoureux, affronte des narcotrafiquants, lutte avec un groupe de paramilitaires... il dresse un panorama pessimiste de la Colombie de ces dernières quarante années.

« De nouveau je pressentis que je n'étais pas là où je devais être, mais comme toujours je n'avais pas d'endroit où aller et je ne voulais pas décevoir la personne qui m'aidait.»

Confrontés à une extrême violence, révolutionnaires, guerrilleros, narcotrafiquants, paramilitaires, policiers, tous semblent désenchantés, perdus et sans espoir pour eux-mêmes ou pour leur pays. Pourtant, tous portent en eux une forte volonté de vivre et de se battre.

«Des fois, au petit matin, quand je reviens d'un massacre, je ne me sens pas bien. J'ai des malaises, comme si le monde devenait triste, et je chope un truc, les riches appellent ça une dépression et nous le cafard. C'est ahurissant de se laver d'un sang qui vient d'on ne sait qui, d'un homme, d'un enfant, d'un vieux ou d'une de ces femmes enceintes qu'il faut liquider pour qu'elles arrêtent de pondre des ennemis. C'est dur et, comme le dit le commandant Castro Castaño, ça demande du courage, de l'héroïsme. On tue, et les cris des assassins et des victimes se mélangent. On tire en tremblant, car on sait qu'on tue la mort pour empêcher la mort de vous tuer. On se laisse porter, on vise, on touche dans le mille et on est rassuré. Mais derrière la mort viennent les traces de sang par terre, les supplications des blessés, les coups de grâce et un silence qui confirme que le boulot a été rondement mené. C'est alors que les morts commencent à peser lourd. »

J'ai lu ce livre dans sa traduction française car il était disponible en espagnol uniquement sur ebook. Non que j'aie quoi que ce soit contre les nouvelles technologies, mais je préfère encore lire un roman imprimé sur papier...
Je vais m'y mettre !

Rachel Mihault


dimanche, octobre 21, 2012

Juan Gabriel Vásquez, El ruido de las cosas al caer

El ruido de las cosas al caer
Juan Gabriel Vásquez
Santillana Ediciones, 2012
(Premio Alfaguara de novela 2011)




Después de haber estudiado Derecho en la Universidad del Rosario en Bogotá, Juan Gabriel Vásquez se mudó París a finales de los 90. Su estancia en la capital francesa tenía como objetivo adelantar estudios de doctorado en literatura. Sin embargo, su interés por la escritura surgió antes que la redacción de la tesis y desde entonces se dedica a la narrativa y al ensayo, perfilándose como uno de los escritores contemporáneos más prolíferos e innovadores de Colombia.
Hoy vive en Barcelona, pero Colombia y su historia son su principal obsesión como escritor. Su retórica invita a reinventar la manera de contar la historia nacional, lo que evidencia su reacción ante el realismo mágico, sugiriendo la hipérbole de la hostilidad que reina en la realidad colombiana como mecanismo de comprensión de la misma.


El ruido de las cosas al caer, de Juan Gabriel Vásquez, ahonda en la vida privada de ciudadanos que, a finales de los años 90, son herederos de la violencia ocasionada por el auge del narcotráfico de los años 70 y 80. Vásquez contribuye así a la comprensión del trauma nacional y a la identificación de un “yo” generacional.

La muerte de un hipopótamo relacionada con la de un enigmático personaje de ficción y con la figura de Pablo Escobar anuncia la partida del relato y desencadena una incertidumbre y un miedo de tal magnitud en el discurso del narrador, que se convertirán en el motor principal de su propia evasión. Es así como la voz de Antonio – el narrador – se ve entramada en un laberinto espacio-temporal en el que la única referencia será la oscuridad mecida por un conocido poema de José Asunción Silva. Sólo la consciencia de dicha oscuridad le permitirá al narrador viajar en el tiempo para resolver la intriga escondida detrás de las dos muertes.

¿Qué relación existe entre la muerte del hipopótamo y la de Ricardo Laverde? El viaje temporal propuesto por Juan Gabriel Vásquez no solo se convierte en herramienta de reconstrucción de la historia, sino que obliga al individuo a combinar el distanciamiento en el tiempo y el desplazamiento en el espacio para tratar de descubrir los secretos que la muerte no puede revelar. Cada momento histórico se convierte en eslabón de la experiencia personal y surge el testimonio de diferentes personajes como un llamado a la memoria y a la reconstrucción colectiva del pasado.

Junto con esta reconstrucción e identificación del pasado, la ficción sugiere un encaminamiento hacia nuevos senderos de vida y de creación. Aparte de desenmascarar lo que la bulla de la violencia escondió, la ficción permite el replanteamiento de un país otrora idealizado y la comprensión de la angustia de aquellos colombianos alguna vez atemorizados por el “ruido de las cosas al caer”. 

 Por : Carlos Tous