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lundi, février 23, 2026

"Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser (France)

Les lecteurs adeptes de Babelio ont déjà tout dit des Yeux de Mona, et effectué des analyses contradictoires – heureusement ! – de cette œuvre de Thomas Schlesser : depuis « un ouvrage simplement gentillet, niais » jusqu’à « un manifeste en faveur de l'euthanasie et du suicide ». J’ajouterai donc simplement que j’ai pris beaucoup de plaisir à accompagner le grand-père et sa petite-fille de dix ans (deux prodiges, chacun dans son genre), au cours de leur périple dans les musées où l’un fait découvrir à l’autre autant d’œuvres d’art qu’il y a de semaines dans l’année.

Outre le défilé des tableaux, il y a de page en page plusieurs « fils » à suivre, plusieurs intrigues adjacentes : la menace de cécité, l’inquiétude des parents face à Mona, leurs difficultés financières, un secret de famille…

Voilà un roman, habile, instructif, stimulant. « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », tout le monde a un regard bienveillant ? (alors que, c’est bien connu, on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments…) Presque, en effet, ce qui est rare. L’ancêtre est formidable, la petite, extraordinaire, les parents, sympathiques. Cela rend d’autant plus grinçants, et donc réjouissants, les jugements du grand-père adoré sur la vulgarité extrême du décor de la chambre d’enfant de Mona, au début du livre, et sur les manifestations d’une adolescence abrutie (pas celle dans laquelle Mona se prépare à entrer !), à la fin. Bravo.

 Hélène Honnorat

 "Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser. Albin Michel, 2024. 496 pages

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