mardi, janvier 20, 2026

"James" de Percival Everett, traduit par Anne-Laure Tissut (États-Unis d'Amérique)


James est un roman d’aventure frôlant souvent le désastre qui prend le contre-pied de l’angle d’attaque de Mark Twain en reprenant les personnages des Aventures d’Huckleberry Finn. Ici, Huck n’est qu’un gamin blanc peureux qui fuit un père violent et Jim – James en son for intérieur – est un esclave déjà libre dans sa tête qui fuit à l’annonce de sa vente ; son objectif : pouvoir revenir vite racheter sa femme et sa fille. Car, et c’est là tout le nœud de l’histoire, s’il joue le nègre simplet devant les Blancs, c’est en fait un homme instruit et très au fait des us et coutumes cruelles en vigueur dans la société esclavagiste dans laquelle il vit, à l’aube de la Guerre de Sécession. 

Percival Everett, l’auteur, a reçu le Prix Pulitzer 2025 pour cette réécriture d’un classique qui faisait figure de récit progressiste mais dont il décortique les ressorts finalement encore bien ancrés dans une société encore pleine de préjugés racistes.

vendredi, janvier 16, 2026

"Passagères de nuit" de Yanick Lahens (Haïti)

Portrait de deux femmes puissantes.

La première, Elizabeth, naît en Louisiane dans les année 1820. Fille elle-même et petite fille d’esclaves affranchis, elle va échapper par deux fois à une tentative de viol par un ami de son père. Pour éviter une troisième fois, elle décide de fuir en Haïti. Elle doit devenir une « passagère de nuit ».

Yanick Lahens va évoquer à cette occasion la grand-mère d’Elizabeth, une femme arrivée comme esclave à Port-au-Prince, et devenue une commerçante réputée et très appréciée sur les marchés. Il y sera aussi question de danse, cette « manière de se réapproprier un corps qui était dans le domination, le travail, la souffrance » explique l’autrice. « On prie en dansant. Donc c’est une manière de se relier au cosmos. »

lundi, janvier 12, 2026

"Fermer les yeux me réveille" de Pierre Bau (France)

Pour attaquer cette nouvelle année, une fois n'est pas coutume, deux recensions pour un seul livre ! Et ce sont Les collectrices Hélène et Florence qui ont lu et nous parlent* du roman épique de Pierre Bau paru à l'automne dernier aux éditions GOPE.

Hélène Honnorat en dit donc ceci :

"« Fermer les yeux me réveille » est un roman profondément original, qui mêle le scientifique, le politique, l'onirique, l'ésotérique, qui vous balance de l'un à l'autre comme dans un hamac... ou comme dans un hydravion en pleine tempête. le petit oiseau amphibie d'Imperial Airways, « déniché dans un hangar empli de ballots de thé de Darjeeling », orne d'ailleurs la couverture du livre.

Nous sommes entre Jules Verne, Tintin et Milou, les bandes dessinées anglo-saxonnes où l'on dit « Sahib », « Old chap ! » ou encore « Bloody hell ! » ... et les grands philosophes.