Rostand faisait dire à Cyrano qu’il était « un cousin fraternel » de Roxane, dont il était secrètement amoureux. Ici, Tôru – vingt-six ans – c’est à la fois le frère d’adoption (Suzuko et lui ont été élevés ensemble), le cousin (par les liens du sang) et l’objet d’amour passionné de Suzuko, alors que lui-même la considère simplement comme une sœur, de dix ans sa cadette !
Petit à petit, entre un oisillon blessé que l’on essaie de faire renaître perroquet et un cours de Kintsugi, la technique qui permet de transformer un objet de céramique brisé en œuvre d’art, on sort sur la pointe des pieds et avec grâce de cette situation apparemment inextricable.
J’entends bien que la métaphore de la réparation – du cœur et de la céramique – peut être jugée trop évidente, trop apparente… mais j’ai aimé la façon limpide, frontale, dont Aki Shimazaki conte cette histoire d’amour et de famille. Urushi signifie « laque ». Avec des mots, de la laque et de la poudre d’or, on construit un séduisant puzzle.
Hélène Honnorat
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