lundi, mars 16, 2026

"Aimer" de Sarah Chiche (France)

Roman pris à la médiathèque et lu presque d’une seule traite. Il m’a bien plu !

C’est un récit qui s’étale de 1984 à aujourd'hui, c’est à dire sur quarante ans et même plus – mais le petit exercice de fiction prospective des dernières pages n’est, à mon avis, pas la partie la plus réussie…

Deux enfants, issus de familles assez compliquées, chacune à sa manière : celle d’Alexandre est hyper-conformiste – donc très cachotière – ; celle de Margaux est totalement déstructurée : orpheline de père, sa mère se met et la met dans les griffes d’un escroc-bourreau... Les enfants s’aiment aux premiers regards, mais la vie se charge de les écarter très vite l’un de l’autre.

Sarah Chiche nous les fait suivre alors chacun de leur côté au long de trajectoires de vie peut-être un peu stéréotypées mais pas tant que ça. Et, forcément, ils se retrouvent par hasard après quarante ans, une fois leur vie déjà bien remplie et cabossée. Que peut-il alors bien arriver ? Que peut-on faire de cette deuxième rencontre quand… on a du mal à croire que quelque chose peut changer pour nous à 50 ans passés ? 

vendredi, mars 06, 2026

« L’uniformisation du monde » de Stefan Zweig, traduit de l’allemand par Francis Douville Vigeant (Autriche)

 

Édition bilingue d’un très court texte de Stefan Zweig. Épatant de clairvoyance. Ou plus exactement, ce texte de Zweig met le doigt sur ce qui me préoccupe quotidiennement : Comment vivre et même trouver son utilité, sa légitimité, dans une société où l’on constate qu’une large majorité ne partage ni nos préoccupations ni nos goûts ? Il dénonce l’uniformisation du monde (on est en 1925, il y a 101 ans...), la disparition de toute individualité, le règne du court terme, de la consommation et de l’ennui vide de tout quand la machine ne fournit pas assez ni assez vite.

Ici, ce qui m’a plu, c’est que Zweig apporte le diagnostic mais surtout qu’il réfléchit aussi au comportement à adopter, à la trajectoire à emprunter pour ne pas subir la situation de plein fouet et s’y perdre. Ça me parle et m’inspire. Cela vient conforter des postures que j’ai déjà depuis longtemps mais dont je doute parfois de l’intégrité et de la légitimité. Bref, j'ai trouvé ce petit texte bienfaisant !

jeudi, mars 05, 2026

"Urushi" d'Aki Shimazaki (Québec / Japon)

Une situation familiale particulièrement biscornue, des amours contrariées, une adolescente à la fois discrète, fougueuse… et fugueuse, voilà les ingrédients de ce roman, le dernier d’une pentalogie, "Une clochette sans battant", dont je n’ai rien lu par ailleurs (on me l’a offert pour les fêtes de fin d’année).

Rostand faisait dire à Cyrano qu’il était « un cousin fraternel » de Roxane, dont il était secrètement amoureux. Ici, Tôru – vingt-six ans – c’est à la fois le frère d’adoption (Suzuko et lui ont été élevés ensemble), le cousin (par les liens du sang) et l’objet d’amour passionné de Suzuko, alors que lui-même la considère simplement comme une sœur, de dix ans sa cadette !

Petit à petit, entre un oisillon blessé que l’on essaie de faire renaître perroquet et un cours de Kintsugi, la technique qui permet de transformer un objet de céramique brisé en œuvre d’art, on sort sur la pointe des pieds et avec grâce de cette situation apparemment inextricable.

lundi, février 23, 2026

"Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser (France)

Les lecteurs adeptes de Babelio ont déjà tout dit des Yeux de Mona, et effectué des analyses contradictoires – heureusement ! – de cette œuvre de Thomas Schlesser : depuis « un ouvrage simplement gentillet, niais » jusqu’à « un manifeste en faveur de l'euthanasie et du suicide ». J’ajouterai donc simplement que j’ai pris beaucoup de plaisir à accompagner le grand-père et sa petite-fille de dix ans (deux prodiges, chacun dans son genre), au cours de leur périple dans les musées où l’un fait découvrir à l’autre autant d’œuvres d’art qu’il y a de semaines dans l’année.

Outre le défilé des tableaux, il y a de page en page plusieurs « fils » à suivre, plusieurs intrigues adjacentes : la menace de cécité, l’inquiétude des parents face à Mona, leurs difficultés financières, un secret de famille…

jeudi, février 19, 2026

"Éloge du métèque" d'Abnousse Shalmani (Iran/France)

À l’heure où l’Iran massacre ses enfants (par la main de ses dirigeants !) comment ne pas prêter l’oreille à la voix d’Abnousse Shalmani ?

Elle a quitté l’Iran à l’âge de huit ans, dans les bagages de ses parents, qui fuyaient le pays. Elle n’y est jamais retournée. Y reviendra-t-elle un jour ? On le lui souhaite.

En attendant, elle a écrit une ode au métèque, celui qui est d’ailleurs, qui vit dans un éternel « ailleurs », qui se souvient d’une existence perdue comme les amputés souffrent d’un membre fantôme. On pourrait croire que le passé s’efface d’un coup d’éponge. Mais à huit ans, on a déjà des souvenirs, beaucoup, qui prennent feu au moindre frottement, dans les territoires que l’on découvre.

« Je suis et resterai une métèque », déclare-t-elle aussi fièrement que Moustaki chantait « sa gueule de métèque ». Cependant elle récuse dans le même élan le déterminisme social, historique, sexuel ou  religieux. « Je refuse d’être mon ADN, je refuse de n’être qu’une suite de cellules héritées de mes parents, je refuse d’être entravée par la tradition »…

jeudi, février 12, 2026

"Tous au bain, citoyens !" d'Hélène Honnorat (France)

Lire "Tous au bain, citoyens !" est une nouvelle fois une expérience réjouissante. On y retrouve immédiatement l'humour et la plume vive d'Hélène Honnorat, cette manière bien à elle de nous embarquer sans prévenir, avec légèreté et intelligence, vers des territoires où l'on ne pensait pas aller. Et pourtant, après avoir lu tous ses livres, elle parvient toujours à m'étonner, à déplacer mon regard, à ouvrir une porte inattendue.

Ce livre est avant tout un livre de voyage. Un voyage dans le temps, qui nous mène des thermes romains aux interrogations très contemporaines sur le vivre-ensemble, mais aussi un voyage dans l'espace, entre villes, civilisations et lieux de sociabilité. le bain devient prétexte à la déambulation, à la curiosité, à l'exploration des usages du corps et de la cité. On avance avec plaisir, porté par une écriture alerte, jamais pesante, où l'érudition se glisse sans bruit.

mercredi, février 04, 2026

Rencontre "Les Collecteurs tout en poésie"

Troisième rencontre publique des Collecteurs pour cette saison 2025/2026 ! 

Parmi les Collecteurs, des poètes...

Ce sont eux qui nous recevront.

François Szabó, poète engagé aussi bien en local qu’à l’international, nous présentera « Idylles de Montpellier », son dernier recueil en date, dernier d’une déjà très longue liste.

Quine Chevalier aime depuis longtemps mêler mots, encres et gravures et nous présentera, entre autres textes, « Tendresse des parois », un recueil en cours de publication.

Jean-Claude Boyard, nouveau venu en poésie fait, lui, l’alliance entre ses textes, ses dessins et ses peintures. Il évoquera « Carré d’Arbre » et autres poèmes.

C’est ensemble qu’ils nous proposeront un long moment de poésie.

Rendez-vous au Gazette Café (6 rue Levat à Montpellier),
le mardi 10 mars 2026 à 18h ! 

mardi, janvier 20, 2026

"James" de Percival Everett, traduit par Anne-Laure Tissut (États-Unis d'Amérique)


James est un roman d’aventure frôlant souvent le désastre qui prend le contre-pied de l’angle d’attaque de Mark Twain en reprenant les personnages des Aventures d’Huckleberry Finn. Ici, Huck n’est qu’un gamin blanc peureux qui fuit un père violent et Jim – James en son for intérieur – est un esclave déjà libre dans sa tête qui fuit à l’annonce de sa vente ; son objectif : pouvoir revenir vite racheter sa femme et sa fille. Car, et c’est là tout le nœud de l’histoire, s’il joue le nègre simplet devant les Blancs, c’est en fait un homme instruit et très au fait des us et coutumes cruelles en vigueur dans la société esclavagiste dans laquelle il vit, à l’aube de la Guerre de Sécession. 

Percival Everett, l’auteur, a reçu le Prix Pulitzer 2025 pour cette réécriture d’un classique qui faisait figure de récit progressiste mais dont il décortique les ressorts finalement encore bien ancrés dans une société encore pleine de préjugés racistes.

vendredi, janvier 16, 2026

"Passagères de nuit" de Yanick Lahens (Haïti)

Portrait de deux femmes puissantes.

La première, Elizabeth, naît en Louisiane dans les année 1820. Fille elle-même et petite fille d’esclaves affranchis, elle va échapper par deux fois à une tentative de viol par un ami de son père. Pour éviter une troisième fois, elle décide de fuir en Haïti. Elle doit devenir une « passagère de nuit ».

Yanick Lahens va évoquer à cette occasion la grand-mère d’Elizabeth, une femme arrivée comme esclave à Port-au-Prince, et devenue une commerçante réputée et très appréciée sur les marchés. Il y sera aussi question de danse, cette « manière de se réapproprier un corps qui était dans le domination, le travail, la souffrance » explique l’autrice. « On prie en dansant. Donc c’est une manière de se relier au cosmos. »

lundi, janvier 12, 2026

"Fermer les yeux me réveille" de Pierre Bau (France)

Pour attaquer cette nouvelle année, une fois n'est pas coutume, deux recensions pour un seul livre ! Et ce sont Les collectrices Hélène et Florence qui ont lu et nous parlent* du roman épique de Pierre Bau paru à l'automne dernier aux éditions GOPE.

Hélène Honnorat en dit donc ceci :

"« Fermer les yeux me réveille » est un roman profondément original, qui mêle le scientifique, le politique, l'onirique, l'ésotérique, qui vous balance de l'un à l'autre comme dans un hamac... ou comme dans un hydravion en pleine tempête. le petit oiseau amphibie d'Imperial Airways, « déniché dans un hangar empli de ballots de thé de Darjeeling », orne d'ailleurs la couverture du livre.

Nous sommes entre Jules Verne, Tintin et Milou, les bandes dessinées anglo-saxonnes où l'on dit « Sahib », « Old chap ! » ou encore « Bloody hell ! » ... et les grands philosophes.

jeudi, décembre 18, 2025

Rencontre « Les Collecteurs vous invitent à découvrir deux récits nés en terre colonisée, de l’Asie aux Antilles »

Deuxième rencontre publique des Collecteurs pour cette saison 2025/2026 !

Pierre Bau, auteur, nous parlera de son roman ‘Fermer les yeux me réveille’  paru aux éditions Gope. « La deuxième guerre mondiale enfin vue par les Asiatiques. Curieusement, ce point de vue n’avait jamais été abordé. », nous dit-il.

Nicole Penciolelli, plasticienne ici illustratrice, et Philippe Vinard, l’un des éditeurs des Éditions des Quatre Seigneurs, nous présenteront ‘Ti-Joj au pays sans chapeau’, un conte écrit par Mireille Aïn sur la mort dans le vodou haïtien.

Cette rencontre sera animée par Nathalie Bouly. 

Nous vous donnons rendez-vous au Gazette Café le mardi 27 janvier 2026 à 18h... et vous souhaitons d'ici là une bonne fin d'année !

 

 

"Gratte-ciel" d'Aldicius (France)


Découvert lors de la rencontre des Collecteurs au Gazette Café du 9 décembre dernier, ce livre m’a vraiment emballée ! Beau récit de formation, « Gratte-ciel » d’Aldicius est très réussi.

Ils en disent ça sur le site internet de l’Astegore, la maison d’édition basée à Valflaunès et créée sur mesure pour et à partir de cet ouvrage :

« Premier volume des Autochroniques d'Aldicius, Gratte-Ciel est un récit autobiographique illustré retraçant une année de voyage à New York qui s’avéra déterminante dans le parcours personnel de l’auteur. Mêlant narration intérieure, extraits de lettres, poèmes, planches de BD, texte en prose et dessins, la richesse des modes d’expression offre un récit initiatique original et captivant sur l’identité et le dépassement d’un traumatisme. »

jeudi, décembre 04, 2025

"L'invention des miroirs" de Mérédith Le Dez (France)


Pour toute personne écrivant, ce livre est un modèle : quel est le miroir de l’écrivain, sincère et inaliénable ? Quelle est cette quête menée par chacun ? Quelle est cette identité plus vraie que nature ? Poser la question ce n’est pas encore y répondre mais c’est déjà un début !

Il est indéniable que la poésie est exhalée dans ces évocations, une telle proximité et une telle sensibilité nous anime dans la tendresse d’une respiration.

François Szabó

"L'invention des miroirs" de Mérédith Le Dez. Editions des femmes-Antoinette Fouque, 2025. 208 pages.

"Le glamour" de Christopher Priest, traduit par Michelle Charrier (Angleterre)


Surprenant et fascinant roman signé par une des plus belles plumes de nos jours, ce livre ne peut pas laisser indifférent : il peut irriter, troubler, mais au-delà, la force de la littérature est de tout surmonter et dépasser. Cette ferveur est capable de tout. Où se trouve la fiction et la réalité ? On peut tout apprendre dans les livres mais cela est vain si l’on n’a pas saisi la puissance de l’amour.


François Szabó


"Le glamour" de Christopher Priest (1984), traduit par Michelle Charrier. Folio SF, 2012. 416 pages.

lundi, décembre 01, 2025

"L’arbre aux haricots" de Barbara Kingsolver, traduit par Martine Béquié (États-Unis-d'Amérique)


Je pense que j’en suis à ma troisième ou quatrième lecture de "L'arbre aux haricots" qui est pour moi roman bonbon ! J’ai dû le lire la première fois à sa sortie en France, c’est à dire vers 1995 ou 1996… (Je l’ai même racheté en 2009, en Guadeloupe ! Comme souvent avec les livres que j’aime bien, j’avais dû le prêter et il n’était pas revenu. Bref.)

Ce week-end ? J’ai de nouveau avalé les 313 pages de la version poche en deux jours et des poussières… Et trente ans plus tard, le plaisir est le même, ce qui n’est vraiment pas toujours le cas.

J’aime tout dans ce roman.

Les lieux décrits, à la fois hostiles et attachants – c’est une Amérique aride, pauvre et plutôt débrouillarde qui est décrite –, aussi bien sur la route qui mène la narratrice du Kentucky à l’Arizona, en passant par l’Oklahoma et le Nouveau-Mexique, qu’à Tucson où sa voiture la lâche et où elle s’installe. Au départ donc, c’est un road-movie de près de 3000 km ; Taylor, la narratrice qui a grandi avec sa mère célibataire aimante et fauchée, décide vers 25 ans de partir à l’aventure.

vendredi, novembre 14, 2025

Rencontre « Les Collecteurs vous invitent à découvrir deux éditeurs héraultais, L'Astegore et Yovana»


La rencontre publique que nous avons organisée au Gazette Café pour faire la connaissance de deux maisons d'édition locales, Éditions Yovana et L'Astegore, a presque fait salle comble et nous en sommes ravis, merci à tout le monde 🙏 !


Une mention spéciale à notre Collectrice-intervieweuse, Nathalie Bouly 🥳 !
..................................... 

 

samedi, novembre 08, 2025

« Les Cordes-de-Bois » d’Antonine Maillet (Canada, Québec)

 

Roman (re)trouvé chez maman. J’ai un souvenir à la fois vague et pourtant persistant d’avoir vu à cette époque-là cette autrice acadienne, Antonine Maillet, dans une émission d’Apostrophe.

Et j’ai (re?)lu ce roman avec délice. La transcription écrite de la langue du peuple acadien m’a plongée dans les conversations normandes de mon enfance… J’ai lu de longs passages à voix hautes tellement c’était jubilatoire pour moi.

Ce roman, c’est une sorte de chronique d’un petit pays des Côtes du nord est de l’Amérique… Une fois n’est pas coutume, je reprends la 4eme de couverture pour en dire plus :

« Pour ceux qui « viennent de l'étrange », l'Acadie est un pays perdu quelque part au loin sur les côtes canadiennes. Mais l'extraordinaire talent « raconteux » d'Antonine Maillet réussit à le rendre aussi proche qu'une province de chez nous.

mardi, octobre 28, 2025

"Derrière l'écran" de Véronique Béchu (France)


Véronique Béchu est commandante de police, plus de vingt ans dans les services dédiés à la lutte contre les violences faites aux enfants et cheffe depuis 2023 du Groupe central national spécialisé dans la lutte contre l’exploitation sexuelle en ligne des mineurs.

Cet essai est un cri d’alarme sur l’état de menace de la cyber-pédocriminalité en France.

C’est un cri d’alerte aussi auprès des parents, grands parents, qui sont loin de soupçonner ce qui se passe dans le cercle de proximité des mineurs même très jeunes et ce quel que soit le milieu social ; loin de connaître le trafic de vente des photos de leurs enfants sur les réseaux.

C’est un cri d’alerte tant les moyens en international et encore pire en France sont insuffisants face à l’étendue des images d’enfants utilisées à des fins pornographiques et de trafic de vente d’images à l’international et facilement accessibles sur le net ouvert (le CLEAR NET).

lundi, octobre 27, 2025

"Je suis ma liberté" de Nasser Abu Srour, traduit de l'arabe palestinien par Stéphanie Dujols (Palestine/Israël)

Livre écrit en 2019 par un Palestinien, prisonnier dans les geôles israéliennes depuis 1993, condamné très jeune à perpétuité.

Sa survie, il la doit au mur de sa cellule quels que soient les lieux successifs des prisons. Il dit avec pudeur l’envahissement des Israéliens sur les terres palestiniennes et dans leurs vies quotidiennes, les tortures qu’il a subies, l’amour qu’il a rencontré en prison.
 
Il exprime sa survie grâce au mur avec lequel il dialogue, grâce à la littérature, la force des mots.
 
 Ce livre m’a bouleversée – et je le relirai c’est sûr – par ce qu’il ne dit pas, par la force de ces lectures, de ses écrits, de sa poésie qui lui permettent de vivre « libre » dans quelques m² depuis vingt-six ans.

 

lundi, octobre 20, 2025

"Je ne te verrai pas mourir" de Antonio Muñoz Molina, traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon (Espagne)


C’était le grand amour de sa vie.

Mais nous sommes en 1947, et le héros de cette histoire, Gabriel, passe une dernière nuit avec Adriana qu’il aime comme un fou, dans le Madrid des années Franco, et va partir le lendemain direction les États-Unis pour vivre une carrière brillante et fonder une famille, grâce aux efforts de ses parents qui auront tout fait pour que leur fils réussisse loin de l’Espagne vétuste.

De l’autre côté de l’Atlantique, Adriana est restée madrilène. Elle s’est mariée aussi, mais elle n’a pas oublié son amour de jeunesse.

Alors, près de cinquante ans plus tard, Gabriel, de passage en Europe (il fait croire à sa femme américaine qu’il est à Genève) réussit à obtenir un rendez-vous avec Adriana. Mais elle a vieilli, elle est malade, et une aide à domicile veille sur elle. Pourtant elle n’a rien perdu du côté de l’éclat de ses yeux et Gabriel, qui a si souvent rêvé d’elle et de leurs retrouvailles, réalise qu’il n’a jamais cessé de l’aimer.