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jeudi, mars 05, 2026

"Urushi" d'Aki Shimazaki (Québec / Japon)

Une situation familiale particulièrement biscornue, des amours contrariées, une adolescente à la fois discrète, fougueuse… et fugueuse, voilà les ingrédients de ce roman, le dernier d’une pentalogie, "Une clochette sans battant", dont je n’ai rien lu par ailleurs (on me l’a offert pour les fêtes de fin d’année).

Rostand faisait dire à Cyrano qu’il était « un cousin fraternel » de Roxane, dont il était secrètement amoureux. Ici, Tôru – vingt-six ans – c’est à la fois le frère d’adoption (Suzuko et lui ont été élevés ensemble), le cousin (par les liens du sang) et l’objet d’amour passionné de Suzuko, alors que lui-même la considère simplement comme une sœur, de dix ans sa cadette !

Petit à petit, entre un oisillon blessé que l’on essaie de faire renaître perroquet et un cours de Kintsugi, la technique qui permet de transformer un objet de céramique brisé en œuvre d’art, on sort sur la pointe des pieds et avec grâce de cette situation apparemment inextricable.

lundi, février 23, 2026

"Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser (France)

Les lecteurs adeptes de Babelio ont déjà tout dit des Yeux de Mona, et effectué des analyses contradictoires – heureusement ! – de cette œuvre de Thomas Schlesser : depuis « un ouvrage simplement gentillet, niais » jusqu’à « un manifeste en faveur de l'euthanasie et du suicide ». J’ajouterai donc simplement que j’ai pris beaucoup de plaisir à accompagner le grand-père et sa petite-fille de dix ans (deux prodiges, chacun dans son genre), au cours de leur périple dans les musées où l’un fait découvrir à l’autre autant d’œuvres d’art qu’il y a de semaines dans l’année.

Outre le défilé des tableaux, il y a de page en page plusieurs « fils » à suivre, plusieurs intrigues adjacentes : la menace de cécité, l’inquiétude des parents face à Mona, leurs difficultés financières, un secret de famille…

jeudi, février 19, 2026

"Éloge du métèque" d'Abnousse Shalmani (Iran/France)

À l’heure où l’Iran massacre ses enfants (par la main de ses dirigeants !) comment ne pas prêter l’oreille à la voix d’Abnousse Shalmani ?

Elle a quitté l’Iran à l’âge de huit ans, dans les bagages de ses parents, qui fuyaient le pays. Elle n’y est jamais retournée. Y reviendra-t-elle un jour ? On le lui souhaite.

En attendant, elle a écrit une ode au métèque, celui qui est d’ailleurs, qui vit dans un éternel « ailleurs », qui se souvient d’une existence perdue comme les amputés souffrent d’un membre fantôme. On pourrait croire que le passé s’efface d’un coup d’éponge. Mais à huit ans, on a déjà des souvenirs, beaucoup, qui prennent feu au moindre frottement, dans les territoires que l’on découvre.

« Je suis et resterai une métèque », déclare-t-elle aussi fièrement que Moustaki chantait « sa gueule de métèque ». Cependant elle récuse dans le même élan le déterminisme social, historique, sexuel ou  religieux. « Je refuse d’être mon ADN, je refuse de n’être qu’une suite de cellules héritées de mes parents, je refuse d’être entravée par la tradition »…

jeudi, février 12, 2026

"Tous au bain, citoyens !" d'Hélène Honnorat (France)

Lire "Tous au bain, citoyens !" est une nouvelle fois une expérience réjouissante. On y retrouve immédiatement l'humour et la plume vive d'Hélène Honnorat, cette manière bien à elle de nous embarquer sans prévenir, avec légèreté et intelligence, vers des territoires où l'on ne pensait pas aller. Et pourtant, après avoir lu tous ses livres, elle parvient toujours à m'étonner, à déplacer mon regard, à ouvrir une porte inattendue.

Ce livre est avant tout un livre de voyage. Un voyage dans le temps, qui nous mène des thermes romains aux interrogations très contemporaines sur le vivre-ensemble, mais aussi un voyage dans l'espace, entre villes, civilisations et lieux de sociabilité. le bain devient prétexte à la déambulation, à la curiosité, à l'exploration des usages du corps et de la cité. On avance avec plaisir, porté par une écriture alerte, jamais pesante, où l'érudition se glisse sans bruit.

lundi, janvier 12, 2026

"Fermer les yeux me réveille" de Pierre Bau (France)

Pour attaquer cette nouvelle année, une fois n'est pas coutume, deux recensions pour un seul livre ! Et ce sont Les collectrices Hélène et Florence qui ont lu et nous parlent* du roman épique de Pierre Bau paru à l'automne dernier aux éditions GOPE.

Hélène Honnorat en dit donc ceci :

"« Fermer les yeux me réveille » est un roman profondément original, qui mêle le scientifique, le politique, l'onirique, l'ésotérique, qui vous balance de l'un à l'autre comme dans un hamac... ou comme dans un hydravion en pleine tempête. le petit oiseau amphibie d'Imperial Airways, « déniché dans un hangar empli de ballots de thé de Darjeeling », orne d'ailleurs la couverture du livre.

Nous sommes entre Jules Verne, Tintin et Milou, les bandes dessinées anglo-saxonnes où l'on dit « Sahib », « Old chap ! » ou encore « Bloody hell ! » ... et les grands philosophes.

vendredi, novembre 14, 2025

Rencontre « Les Collecteurs vous invitent à découvrir deux éditeurs héraultais, L'Astegore et Yovana»


La rencontre publique que nous avons organisée au Gazette Café pour faire la connaissance de deux maisons d'édition locales, Éditions Yovana et L'Astegore, a presque fait salle comble et nous en sommes ravis, merci à tout le monde 🙏 !


Une mention spéciale à notre Collectrice-intervieweuse, Nathalie Bouly 🥳 !
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mardi, septembre 30, 2025

"La reine des lectrices" d'Alan Bennett (Royaume-Unis), traduit de l'anglais par Pierre Ménard

La Reine des lectrices - Alan Bennett
"Elle leva les yeux de son livre et dit à Norman :

– Vous vous rappelez ce que je vous avais dit, que vous étiez mon tabellion particulier ? Eh bien, je viens de découvrir le terme qui me correspond : je suis une opsimath…"

C'est la reine d'Angleterre qui s'exprime, après avoir été touchée par la grâce lors de la tournée d'un bibliobus ! L'opsimathe, en français (nous dit le dictionnaire Littré) = « la personne qui apprend sur le tard, à un âge avancé. Caton l'Ancien, qui apprit, dit-on, le grec à 80 ans, était un exemple d'opsimathe.»

jeudi, mai 08, 2025

Rencontre "Les Collecteurs écrivent aussi" au Gazette Café le 03/06

Mardi 3 juin 2025, à 18h au Gazette Café, Les Collecteurs vous invitent à une rencontre exceptionnelle !

En effet, nous, association de lectrices et de lecteurs, allons discuter ensemble et avec vous du lien parfois très étroit qui existe entre lire et écrire.

À cette occasion, les autrices et auteurs parmi nous seront invités par Nathalie Bouly à nous parler de leur travail d'écriture...

samedi, octobre 07, 2023

"Il n’y a pas de Ajar" de Delphine HORVILLEUR (France)


Grâce à notre amie Hélène Honnorat membre des Collecteurs, j’ai découvert « Il n’y a pas de Ajar » de l’autrice Delphine Horvilleur et c’est un très bon livre.

D’abord parce qu’il est écrit par Delphine Horvilleur, brillante intellectuelle qui est par ailleurs une femme rabbin, qui nous a enchanté avec « Vivre avec nos morts » – entre autres.

Mais aussi parce que cet essai (mais est-ce un essai ? Difficile à cataloguer) est sous-titré : « Monologue contre l’identité ». « L’humour est une affirmation de supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive », cite-t-elle en exergue de cette partie, une citation de Romain Gary dont il va être beaucoup question dans cet essai.

Et c’est vrai que ça fait du bien, dans ces quelques phrases, d’entendre un souffle totalement différent de ces messages identitaires qu’on entend sur toutes les ondes et sur tous les réseaux sociaux.
Pour tenir son propos, et dans une première partie, elle rend un hommage appuyé à ce subterfuge bien connu des littéraires du dédoublement de Romain Gary en Émile Ajar obtenant deux fois le Prix Goncourt sous deux identités différentes.

mardi, juin 27, 2023

"KL Complots et Caducées" de Hélène Honnorat (France, Malaisie)

 

Notre amie Hélène des Collecteurs publie un nouveau livre réjouissant !

Caroline est une jeune femme accompagnatrice d’un congrès international de médecins sur le thème du sommeil. Nous sommes à Kuala Lumpur en Malaisie, en 1998.

Elle est en mission pour « Caducées Tour » pour faire en sorte que ce colloque, dans de somptueux hôtels de luxe (dont la peinture est encore fraîche), se déroule sans accrocs. Elle est accompagnée de Boris, de la belle Sarasvati, et surtout du beau Maxime qui lui fait tourner la tête.

On se balade dans la ville de Kuala Lumpur – alias « Confluent vaseux traduit littéralement – en visitant tout particulièrement les deux fameuses tours Petronas d’une hauteur de quatre-cent-cinquante-deux mètres, et qui font la fierté de ses un-million-six-cent-mille habitants.

mercredi, mars 29, 2023

"La Compagnie des spectres" de Lydie Salvayre (France)

Je fais ma cure de Lydie Salvayre. J'ai repris « La Compagnie des spectres », qui met déjà en place certains thèmes récurrents de l’œuvre, et avec quel talent ! La réclusion volontaire (on peut l'opposer à l'enfermement, qu'appellerait peut-être la pathologie mentale de la mère), le pouvoir qu'exerce à tour de rôle un personnage sur l'autre (la fille a de son propre aveu « quelques talents pour le despotisme », mais quid de la mère qui lui confisque par son délire paranoïaque toute vie dite normale ?), le passé qui, sans cesse, fait irruption… le tout avec l'humour ravageur de Lydie Salvayre.


Hélène Honnorat

Et pour en savoir plus sur la cure d'Hélène, rendez-vous sur Babelio, ICI !

vendredi, mars 10, 2023

"Sarah quand même " de Régine Detambel (France)

Lumineuse idée, de faire d'une « Susan » éperdue, indispensable et maltraitée, la narratrice de « Sarah quand même » ! Les grands créateurs – et créatrices – ont souvent besoin d'esclaves utiles, tour à tour amantes (très brièvement, ici), confidentes, interfaces entre leur brio et la vie quotidienne… voir Marguerite Yourcenar et Grace Frick, Beauvoir et Bianca Lamblin…

Grâce à Susan, donc, à qui Régine Detambel prête sa plume étourdissante, nous accompagnons Sarah Bernhardt dans les vingt dernières années de son existence, qui ne sont pas les moins tumultueuses. Ne plus être enveloppée de « la gélatine de la jeunesse » n'empêche Sarah ni de foncer ni de séduire. Cette affamée de succès joue tous les rôles, masculins ou féminins (L'Aiglon, Hamlet, Phèdre, Tosca…) À la scène comme dans la vie, la ligne de démarcation entre les sexes ne sera jamais pour elle un obstacle. La différence d'âge non plus. Bientôt septuagénaire elle parcourt les États-Unis, en tournée avec son jeune amant Lou Tellegen, de presque 40 ans son cadet.

dimanche, décembre 04, 2022

"L'enfant sans frontières" de Claire Escoffier-Fauveau (Monde...)


Tout au long du récit de Claire Escoffier-Fauveau, « L'enfant sans frontières », court non pas un fil rouge, mais un fil rose ; non pas le fil d'Ariane, mais celui de Lucy : celui que dévide derrière elle à travers les pays qui l'adoptent tour à tour la malicieuse gamine, fille de la narratrice.

Dès le premier chapitre, Lucy fait preuve d'un tempérament aventureux : sa mère n'est enceinte que de cinq mois lorsqu'elle prétend pointer le bout de son nez hors de l'abri et commencer à explorer la planète ! L'un des mandarins de l'hôpital où ses parents complètent leurs études (puériculture pour elle, internat de médecine pour lui) met son veto à cette escapade précoce et déclare à la mère affolée : « Finie la station verticale, il va falloir maintenant rester complètement allongée si vous ne voulez pas accoucher d'un enfant qui ne sera pas viable. »

vendredi, avril 29, 2022

"Une enfance persane" de Vida Estivale (France, Iran)


Le récit de Vida Estivale commence par un désastre (un deuil) en 1956, alors qu’elle n’est encore qu’une enfant. Il se termine par un mystère, le pressentiment, peut-être, d’un autre malheur.

Mais entre les deux, et même depuis, que de lumière, de parfums, de couleurs, de fruits, d’images ! « Le souvenir du bonheur est encore du bonheur » a écrit un chanteur. Vida nous fait partager ses journées de petite fille dans « l’Iran d’antan », au sein d’une famille éclairée, dont les membres se répartissent - non sans conflits, parfois - entre l’islam et le bahaïsme, religion qui prône l’égalité hommes-femmes, l’éducation pour tous, l’harmonie entre religion et science (sept millions de membres aujourd’hui, dans près de deux cents pays). « À cette époque, le tchador n’était qu’un habit traditionnel… fait de beaux tissus de couleur aux motifs souvent très joyeux (…) En été, les tchadors transparents donnaient une allure sensuelle aux femmes, dont on devinait parfaitement la silhouette ».

lundi, avril 04, 2022

"De l’Hexagone considéré comme un exotisme" de Francis Navarre (France)

 

Savoir que Francis Navarre, sillonnant la Doulce France à moto, pratique un « régime un peu bas pour ne pas surcharger vilebrequin et embiellage » me laisse, je l’avoue, faute de compétences dans ce domaine, indifférente. Mais un auteur qui déclare n’avoir pas besoin de se pousser trop pour s’émerveiller… qui aime Georges Perec, Primo Levi et qui a lu huit fois « Le vide et le plein » de Nicolas Bouvier, mérite d’être accompagné dans ses pérégrinations ! J’ai donc enjambé les quelques éléments techniques du début pour le suivre avec délice dans les vignes de Champagne, sur le plateau de Millevaches ou à la Ferté-Vidame, village natal de Saint-Simon. Car le narrateur du bouillonnant « De l’Hexagone considéré comme un exotisme » est lui aussi accompagné, par des ombres tutélaires penchées sur son épaule (ou sur son guidon ?) : outre les traces du duc mémorialiste, il évoque celles d’autres compagnons, avec l’ânesse de Stevenson, parcourant les Cévennes, l’épervier de Maheux, village introuvable... C’est plein d’originalité, d’humour, de personnalité.

vendredi, avril 01, 2022

"La fille qui aimait les nuages" de Patrice Montagu-Williams (France)

 

On peut lire La fille qui aimait les nuages, (suivi de L’impératrice Rouge ; Le royaume de Nina) pour le plaisir de l’architecture des intrigues politico-policières, et c’est un plaisir légitime : elles sont bien documentées, et (hélas) tout à fait d’actualité : « Mettre tout le monde devant le fait accompli en faisant régner la loi du plus fort » s’applique certes à la politique extérieure chinoise, mais pas seulement ! Et l’axiome « Chez nous, c’est le Parti qui décide souverainement si une information est crédible ou non », lequel, dans le texte, se réfère au Viêtnam, trouve ailleurs de sanglantes illustrations. Quant à la bataille féroce pour l’énergie à l’échelle internationale, elle figure en bonne place dans Le royaume de Nina, avec le groupe Total en premier rôle. Sans parler des oligarques russes, des « usines à trolls » et des armées privées.

lundi, mars 28, 2022

"Bas bruit" de Joëlle Lafaye (France)

S’il fallait définir d’un mot le style de Joëlle Lafaye, je dirais « fluidité », et c’est un sacré compliment, à l’heure où triomphe parfois ailleurs un certain charabia (syntaxe bancale, coquilles non corrigées, etc.) « Fluidité », cela ne connote nullement la platitude, mais bien plutôt l’élégance, la limpidité ; l’aisance dans les enchaînements des phrases, des scènes, des péripéties, des chapitres ; la maîtrise du style indirect libre. « Bas bruit », le titre, pourrait ainsi se référer à la fois à l’intrigue – l’effondrement progressif d’un personnage dont un secret de famille va saper les racines – et à sa mise en scène : pas de fracas, rien de tonitruant, juste un effritement… et les surprises qui l’accompagnent.

Le héros, Renaud Bradier, est habitué à tout contrôler : son cadre de vie, ses relations, lui-même. « Un pinailleur de première », comme dit le menuisier qu’il a chargé de construire une mezzanine ! Dans sa raideur, il n’est pas particulièrement sympathique. Mais le lecteur va le suivre, de gré ou de force, voire même éprouver pour lui de l’admiration quand cette raideur se transforme en rigueur, appliquée à lui-même.

mercredi, mars 02, 2022

"Qu'allait-il donc faire dans le Drakensberg ?" de Philippe Vinard (France)

 

 

« Qu’allait-il donc faire dans le Drakensberg ? » On se le demande, et on se demande même, lorsqu’on est aussi ignare que moi, où se trouve le Drakensberg, en contemplant la couverture joliment fardée d’ocre du livre de Philippe Vinard. L’avant-propos nous donne heureusement la réponse : cette chaîne de montagnes « marque la frontière du Lesotho, un pays grand comme quatre départements français et entièrement enclavé en Afrique du Sud ».

Ce livre est une histoire de frontières, poreuses, élastiques… nous traversons les époques, avec les aventures de plusieurs générations (beaucoup d’ethnologues, de missionnaires, d’écrivains, protestants pour la plupart) ; nous suivons des lignes imaginaires s’étirant depuis les Cévennes jusqu’à l’Afrique du Sud et à ce minuscule Lesotho, qui rayonne comme un aimant ou un diamant. Nous franchissons parfois la démarcation entre l’hypothèse et la réalité. Philippe Vinard nous conduit par le bout du nez, au cœur d’un triple mystère.

lundi, février 28, 2022

"Tribulations initiatiques en Amérique latine" de Vincent Fauveau (France)


Pour assouvir son désir de départ, l’auteur de « Tribulations initiatiques en Amérique latine » s’embarque comme « pilotin » (aspirant officier non diplômé) sur un navire de la marine marchande. Ce fut la fonction de l’un de mes oncles, lequel racontait que le pilotin était, à bord, chargé des piqûres, même s’il ne possédait aucune compétence infirmière ou médicale ! Notre héros, lui, est lesté d’une année d’études de médecine, ce qui lui ouvrira bien des portes, au cours de son périple. Il est du reste prêt à endosser avec talent – même si par hasard – des rôles variés : jeune révolutionnaire de mai 68, grand séducteur supposé, ecclésiastique…

En Équateur, au Pérou, en Bolivie, en Colombie, au Venezuela, il passe par nombre de lieux parfois fort dangereux, mais il passe aussi entre les gouttes (agressions, tentations du repos – y compris de celui du guerrier) et s’échappe toujours, sautant agilement de pays en pays.

vendredi, février 04, 2022

"Lisez-moi !" de Magali Brieussel (le monde !)

Deux avis pour un seul livre... On est co'lectrices ou on ne l'est pas !

"« Lisez-moi ! », c’est un petit livre écrit par Magali Brieussel, la charmante libraire-traductrice-voyageuse-écrivaine de La Géosphère

C'est l'histoire d'un carnet acheté par un jeune homme dans une librairie de Kampala (en Ouganda), et qui va passer de main en main et faire ainsi le tour de la planète en compagnie de personnages hauts en couleurs... Chacun de ses propriétaires successifs écrit – ou n'écrit pas d'ailleurs ! – quelque chose dedans... jusqu'à ce qu’il atterrisse dans les mains d'une traductrice qui entreprendra de… Mystère !

L’écriture est bondissante et joyeuse, d’ailleurs on y croise Alice ! Pour proposer ce texte de fiction, Magali s’est servie de ses souvenirs : chaque lieu-protagoniste est un endroit qu’elle a visité lors d’un long voyage autour du monde fait avec son compagnon il y a une douzaine d'années. Et ces lieux ont tous un rapport avec le monde du livre : librairie, bibliothèque, imprimerie, et même île déserte !