mardi, mai 31, 2016

"Sálvame, Joe Louis d'Andrés Felipe Solano (Colombie)



Andrés Felipe Solano est un jeune écrivain colombien (Bogotá, 1977) distingué par la revue Granta en 2010, qui commence à être connu aussi bien pour ses chroniques journalistiques que pour ses romans. María Inés McCormick l'avait interviewé pour nous !


Sálvame, Joe Louis est son premier roman paru en 2007. Il a été suivi de Los hermanos Cuervo en 2012 (auquel nous avons déjà consacré un article) et par Corea : Apuntes desde la cuerda floja en 2015 (qui a reçu le Premio Biblioteca de Narrativa Colombiana de la Universidad EAFIT).




Dans ce premier roman, le narrateur et personnage central s'appelle Boris Manrique et il semble être un alter ego de l'auteur. Même âge, même métier ou presque ; Boris est photographe pour une revue people, puis on lui colle la responsabilité de la chronique courrier du cœur pour laquelle son nom de plume est Docteure Victoria Zúñiga, psychologie et sexologue. La vie de Boris est un peu vaine et, au cours d'un zapping télévisé nocturne, il tombe sur l'histoire de Cornelio Zubizarreta qui le bouleverse : lui qui a vingt-deux ans devra-t-il donc supporter de vivre aussi longtemps que ce tailleur catalan qui est mort à 117 ans en ayant survécu à deux guerres mondiales, trois épouses, des milliers de cigarettes, plusieurs piscines de jerez, quatre enfants et à tous ses amis ?!? Le gouffre devant Boris est immense.

Le récit de Solano est en fait composé d'une multitude d'histoires qui viennent s'imbriquer dans celle de Boris. Le rythme est assez trépidant, on ne voit pas bien où il va – c'est la vie ! -, mais on se laisse mener avec plaisir. Boris cherche sa voie, cherche l'amour, cherche sa vie. Le ton est léger, parfois sarcastique, souvent plein d'humour. En prime, on parcourt avec plaisir la ville de Bogotá au gré des reportages et des sorties de notre héro pas héroïque pour deux sous….



Deux courts extraits pour vous faire une idée !

« Está última consideración se enquista en mí de muy mala forma. Padece algo similar a un enamoramiento, señor Manrique, sentencia el doctor Carmona al aire, y me parece terrible. Mil veces prefiero la más baja de las lujurias a creer que el amor llega a salvar mi vida como un ungüento. Ya me ha pasado, y las consecuencias han sido escabrosas. El amor es todo menos tranquilidad y paz. El amor tiende una bruma sobre todas las cosas, las vuelve mentirosas, las empaña. Me inquieta verme tocándoles la cabeza a los niños en los parques, sonriéndoles a las flores, a las amas de casa que lavan con manguera roja y verde el garaje de su casa. Me preocupa andar por la arena con una camisa blanca abierta hasta el ombligo. El amor es una propaganda de detergente, de limpiador de la que no quiero ser protagonista. » (p. 114)




« - Hoy no está tan charlador como la vez pasada.
- Pura falta de psicotrópicos.
- Cierto. Nunca me llamó para que probáramos la marihuana de Tabio. Ya se me está acabando.
- No sabía su teléfono. Además, he estado muy ocupado.
La frase sale de mi boca y me deshago al tiempo.
- Veo.
No decimos más. Mientras tanto una manada de lobos de la estepa aúlla en mi cabeza. Los santos padres inquisidores aceitan sus máquinas de tortura, preparan sus cabras para que me pelen con sus rasposas lenguas las plantas de mis pies, previamente untadas de sal. Los pelotones de fusilamiento de los ejércitos del mundo les quitan el seguro a sus bayonetas, un grupo de samuráis discute si tengo el derecho a que se me corte la cabaza después de semejante hara-kiri tan penoso, o si me dejan tirado y deshonrado sobre mi tatami sucio. Las campanas empiezan a doblar por mí.” (p.124)


Fortement recommandé pour une traduction en français...



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