mardi, avril 30, 2013

Station service, de Anne Bourrel

L'auteure, Anne Bourrel, est née en 1970. Après des études de lettres, elle se consacre aujourd'hui à l'écriture de romans, pièces de théâtre et nouvelles. Elle organise également des ateliers d'écriture.



Un bordel à La Junquera, nommé le Gran Madam's. L'héroïne du roman, une étudiante en lettres roumaine nommée Bégonia, s'est retrouvée coincée là et vit de la prostitution. Elle tient grâce à la drogue et à l'alcool.

Cet extrait, situé au tout début du roman, en donne le ton :

« Son regard enfle.
Il défait son pantalon, je fais tomber les bretelles à paillettes. Je fais glisser la culotte, il garde sa chemise à carreaux sur le dos, il enfile le plastique sur son truc. J'ai les yeux qui voient pas, je vole, je flotte, je me mets ailleurs.
Il entre, s'affale, son souffle s'accélère, ses coups aussi, ça va durer longtemps, je suis secouée comme un arbre, secouée, secouée, secouée. »

Le lecteur est un peu surpris par cette description assez rude et très réaliste.
Un peu plus loin, Bégonia décide de fuir cet endroit de perdition avec son souteneur. Tous deux, accompagnés de leur homme de main, le Chinois, partent pour travailler dans un bordel de luxe. Sur leur route, ils rencontrent Marielle, une jeune fille un peu paumée qui a fugué et leur demande de la raccompagner jusque chez elle. Une aventure commence pour le trio. Ils aboutissent dans une station service près de Carcassonne, et découvrent le quotidien un peu terne de la jeune fille.
Peu à peu, ils se rendent compte qu'elle cache une grande souffrance. 
Au fil de l'histoire, Bégonia va beaucoup évoluer et peut-être même découvrir l'amour.

Ce roman, qui peut paraître rude au premier abord, est en fait agréable à lire grâce au langage parlé et surtout grâce à l'humour qui le traverse. Nous sommes face à une tragédie grecque adaptée à notre contemporanéité.

Nous recommandons ce roman à la traduction.

Claire Amiel

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