lundi, juin 04, 2018

"Été 70" de Jacky Essirard (France)

Déjà dans son premier roman dont nous vous avons déjà parlé, La Solitude du Quetzal, Jacky Essirard nous invitait à parcourir avec lui les méandres des souvenirs, de la mémoire, et en particulier des impacts toujours très curieux qu’ont, sur chacun d’entre nous, nos aventures sentimentales. Peu importe leur durée, l’âge à laquelle on les a vécues, le nombre d’heures, de jours, de mois ou d’années passés avec l’alter ego réel ou fantasmé. Peu importe aussi sans doute ce que nous sommes devenus à la suite de ces aventures et l’endroit de notre vie duquel nous les contemplons, duquel nous tentons de rassembler leurs maigres bribes : nous avons juste l’impression d’avoir été tatoués à vie par une relation dont les ressorts nous ont souvent échappés. Ces aventures sentimentales nous poursuivent, nous hantent.

Alors, dans ce deuxième roman, toujours aux Éditions Yovana, Jacky Essirard nous embarque dans sa 2CV pour une virée en Hollande qui a eu lieu l’été de ses vingt ans, l’Été 70 ! Souvenirs souvenirs encore une fois donc ! Vincent, son héros, a soixante ans passés et vient de subir une opération chirurgicale sans gravité mais qui l’oblige au repos. Il glisse alors dans une période d’introspection : un souvenir mal digéré le taraude : il y a quarante ans, il a vécu un été particulier, inoubliable, pendant lequel il a la sensation d’être passé à côté de quelque chose d’essentiel à sa vie, sans jamais avoir bien compris quoi. Il décide donc, une bonne fois pour toutes, de poser ces souvenirs sur le papier et de tenter d’y découvrir ce qui aurait bien pu lui échapper. Il en résulte un récit qui mêle le passé à son présent. Dans le présent, il nous raconte sa convalescence et sa vie amoureuse épanouie avec une jeune femme de vingt-cinq ans sa cadette. Dans le passé, il nous raconte comment - après une relation épistolaire de deux ans qui a fait naître un amour forcément platonique avec une Hollandaise croisée seulement trente secondes lors d’un voyage scolaire - il est allé passer un mois dans la famille de celle-ci qui, entre-temps, avait rencontré l’amour de sa vie (un autre, forcément !).
Je vous le dis de suite : j’ai lu ce roman presque d’une seule traite. Et quand la fin est arrivée, j’en aurais bien repris un morceau ! L’auteur manie l’art de l’introspection avec honnêteté, sincérité et humour. Il explore tous les angles de vue possibles et il construit un récit qui ne laisse que très peu de temps morts. La chute, la conclusion, est – bien entendu ? - ouverte ! J’ai super envie de lui dire : « Et après ? Que s’est-il passé ? Raconte ! ». Cerise sur le gâteau, le récit est émaillé de clins d’œil et de références aux incontournables des années soixante-dix : pour ceux qui les ont connues, c’est un sacré coup de jeune, et pour ceux qui ne les ont pas connues, c’est un tableau très joliment brossé ! Bref ! Roman vivifiant et optimiste, une excellente lecture pour l’été, mais pas que…
Laurence Holvoet

Quelques extraits (super difficile de choisir !)









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