Percival Everett, l’auteur, a reçu le Prix Pulitzer 2025 pour cette réécriture d’un classique qui faisait figure de récit progressiste mais dont il décortique les ressorts finalement encore bien ancrés dans une société encore pleine de préjugés racistes.
mardi, janvier 20, 2026
"James" de Percival Everett, traduit par Anne-Laure Tissut (États-Unis d'Amérique)
vendredi, janvier 16, 2026
"Passagères de nuit" de Yanick Lahens (Haïti)
La première, Elizabeth, naît en Louisiane dans les année 1820. Fille elle-même et petite fille d’esclaves affranchis, elle va échapper par deux fois à une tentative de viol par un ami de son père. Pour éviter une troisième fois, elle décide de fuir en Haïti. Elle doit devenir une « passagère de nuit ».
Yanick Lahens va évoquer à cette occasion la grand-mère d’Elizabeth, une femme arrivée comme esclave à Port-au-Prince, et devenue une commerçante réputée et très appréciée sur les marchés. Il y sera aussi question de danse, cette « manière de se réapproprier un corps qui était dans le domination, le travail, la souffrance » explique l’autrice. « On prie en dansant. Donc c’est une manière de se relier au cosmos. »
lundi, janvier 12, 2026
"Fermer les yeux me réveille" de Pierre Bau (France)
Pour attaquer cette nouvelle année, une fois n'est pas coutume, deux recensions pour un seul livre ! Et ce sont Les collectrices Hélène et Florence qui ont lu et nous parlent* du roman épique de Pierre Bau paru à l'automne dernier aux éditions GOPE.
Hélène Honnorat en dit donc ceci :
"« Fermer les yeux me réveille » est un roman profondément original, qui mêle le scientifique, le politique, l'onirique, l'ésotérique, qui vous balance de l'un à l'autre comme dans un hamac... ou comme dans un hydravion en pleine tempête. le petit oiseau amphibie d'Imperial Airways, « déniché dans un hangar empli de ballots de thé de Darjeeling », orne d'ailleurs la couverture du livre.
Nous sommes entre Jules Verne, Tintin et Milou, les bandes dessinées anglo-saxonnes où l'on dit « Sahib », « Old chap ! » ou encore « Bloody hell ! » ... et les grands philosophes.
jeudi, décembre 18, 2025
Rencontre « Les Collecteurs vous invitent à découvrir deux récits nés en terre colonisée, de l’Asie aux Antilles »
Deuxième rencontre publique des Collecteurs pour cette saison 2025/2026 !
Pierre Bau, auteur, nous parlera de son roman ‘Fermer les yeux me réveille’ paru aux éditions Gope. « La deuxième guerre mondiale enfin vue par les Asiatiques. Curieusement, ce point de vue n’avait jamais été abordé. », nous dit-il.
Nicole Penciolelli, plasticienne ici illustratrice, et Philippe Vinard, l’un des éditeurs des Éditions des Quatre Seigneurs, nous présenteront ‘Ti-Joj au pays sans chapeau’, un conte écrit par Mireille Aïn sur la mort dans le vodou haïtien.
Cette rencontre sera animée par Nathalie Bouly.
Nous vous donnons rendez-vous au Gazette Café le mardi 27 janvier 2026 à 18h... et vous souhaitons d'ici là une bonne fin d'année !
"Gratte-ciel" d'Aldicius (France)
Découvert lors de la rencontre des Collecteurs au Gazette Café du 9 décembre dernier, ce livre m’a vraiment emballée ! Beau récit de formation, « Gratte-ciel » d’Aldicius est très réussi.
Ils en disent ça sur le site internet de l’Astegore, la maison d’édition basée à Valflaunès et créée sur mesure pour et à partir de cet ouvrage :
« Premier volume des Autochroniques d'Aldicius, Gratte-Ciel est un récit autobiographique illustré retraçant une année de voyage à New York qui s’avéra déterminante dans le parcours personnel de l’auteur. Mêlant narration intérieure, extraits de lettres, poèmes, planches de BD, texte en prose et dessins, la richesse des modes d’expression offre un récit initiatique original et captivant sur l’identité et le dépassement d’un traumatisme. »
jeudi, décembre 04, 2025
"L'invention des miroirs" de Mérédith Le Dez (France)
Pour toute personne écrivant, ce livre est un modèle : quel est le miroir de l’écrivain, sincère et inaliénable ? Quelle est cette quête menée par chacun ? Quelle est cette identité plus vraie que nature ? Poser la question ce n’est pas encore y répondre mais c’est déjà un début !
Il est indéniable que la poésie est exhalée dans ces évocations, une telle proximité et une telle sensibilité nous anime dans la tendresse d’une respiration.
François Szabó
"Le glamour" de Christopher Priest, traduit par Michelle Charrier (Angleterre)
Surprenant et fascinant roman signé par une des plus belles plumes de nos jours, ce livre ne peut pas laisser indifférent : il peut irriter, troubler, mais au-delà, la force de la littérature est de tout surmonter et dépasser. Cette ferveur est capable de tout. Où se trouve la fiction et la réalité ? On peut tout apprendre dans les livres mais cela est vain si l’on n’a pas saisi la puissance de l’amour.
François Szabó
"Le glamour" de Christopher Priest (1984), traduit par Michelle Charrier. Folio SF, 2012. 416 pages.
lundi, décembre 01, 2025
"L’arbre aux haricots" de Barbara Kingsolver, traduit par Martine Béquié (États-Unis-d'Amérique)
Je pense que j’en suis à ma troisième ou quatrième lecture de "L'arbre aux haricots" qui est pour moi roman bonbon ! J’ai dû le lire la première fois à sa sortie en France, c’est à dire vers 1995 ou 1996… (Je l’ai même racheté en 2009, en Guadeloupe ! Comme souvent avec les livres que j’aime bien, j’avais dû le prêter et il n’était pas revenu. Bref.)
Ce week-end ? J’ai de nouveau avalé les 313 pages de la version poche en deux jours et des poussières… Et trente ans plus tard, le plaisir est le même, ce qui n’est vraiment pas toujours le cas.
J’aime tout dans ce roman.
Les lieux décrits, à la fois hostiles et attachants – c’est une Amérique aride, pauvre et plutôt débrouillarde qui est décrite –, aussi bien sur la route qui mène la narratrice du Kentucky à l’Arizona, en passant par l’Oklahoma et le Nouveau-Mexique, qu’à Tucson où sa voiture la lâche et où elle s’installe. Au départ donc, c’est un road-movie de près de 3000 km ; Taylor, la narratrice qui a grandi avec sa mère célibataire aimante et fauchée, décide vers 25 ans de partir à l’aventure.
vendredi, novembre 14, 2025
Rencontre « Les Collecteurs vous invitent à découvrir deux éditeurs héraultais, L'Astegore et Yovana»
La rencontre publique que nous avons organisée au Gazette Café pour faire la connaissance de deux maisons d'édition locales, Éditions Yovana et L'Astegore, a presque fait salle comble et nous en sommes ravis, merci à tout le monde 🙏 !
Une mention spéciale à notre Collectrice-intervieweuse, Nathalie Bouly 🥳 !
.....................................
samedi, novembre 08, 2025
« Les Cordes-de-Bois » d’Antonine Maillet (Canada, Québec)
Roman (re)trouvé chez maman. J’ai un souvenir à la fois vague et pourtant persistant d’avoir vu à cette époque-là cette autrice acadienne, Antonine Maillet, dans une émission d’Apostrophe.
Et j’ai (re?)lu ce roman avec délice. La transcription écrite de la langue du peuple acadien m’a plongée dans les conversations normandes de mon enfance… J’ai lu de longs passages à voix hautes tellement c’était jubilatoire pour moi.
Ce roman, c’est une sorte de chronique d’un petit pays des Côtes du nord est de l’Amérique… Une fois n’est pas coutume, je reprends la 4eme de couverture pour en dire plus :
« Pour ceux qui « viennent de l'étrange », l'Acadie est un pays perdu quelque part au loin sur les côtes canadiennes. Mais l'extraordinaire talent « raconteux » d'Antonine Maillet réussit à le rendre aussi proche qu'une province de chez nous.
mardi, octobre 28, 2025
"Derrière l'écran" de Véronique Béchu (France)
Véronique Béchu est commandante de police, plus de vingt ans dans les services dédiés à la lutte contre les violences faites aux enfants et cheffe depuis 2023 du Groupe central national spécialisé dans la lutte contre l’exploitation sexuelle en ligne des mineurs.
Cet essai est un cri d’alarme sur l’état de menace de la cyber-pédocriminalité en France.
C’est un cri d’alerte aussi auprès des parents, grands parents, qui sont loin de soupçonner ce qui se passe dans le cercle de proximité des mineurs même très jeunes et ce quel que soit le milieu social ; loin de connaître le trafic de vente des photos de leurs enfants sur les réseaux.
C’est un cri d’alerte tant les moyens en international et encore pire en France sont insuffisants face à l’étendue des images d’enfants utilisées à des fins pornographiques et de trafic de vente d’images à l’international et facilement accessibles sur le net ouvert (le CLEAR NET).
lundi, octobre 27, 2025
"Je suis ma liberté" de Nasser Abu Srour, traduit de l'arabe palestinien par Stéphanie Dujols (Palestine/Israël)
Sa survie, il la doit au mur de sa cellule quels que soient les lieux successifs des prisons. Il dit avec pudeur l’envahissement des Israéliens sur les terres palestiniennes et dans leurs vies quotidiennes, les tortures qu’il a subies, l’amour qu’il a rencontré en prison.
lundi, octobre 20, 2025
"Je ne te verrai pas mourir" de Antonio Muñoz Molina, traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon (Espagne)
C’était le grand amour de sa vie.
Mais nous sommes en 1947, et le héros de cette histoire, Gabriel, passe une dernière nuit avec Adriana qu’il aime comme un fou, dans le Madrid des années Franco, et va partir le lendemain direction les États-Unis pour vivre une carrière brillante et fonder une famille, grâce aux efforts de ses parents qui auront tout fait pour que leur fils réussisse loin de l’Espagne vétuste.
De l’autre côté de l’Atlantique, Adriana est restée madrilène. Elle s’est mariée aussi, mais elle n’a pas oublié son amour de jeunesse.
Alors, près de cinquante ans plus tard, Gabriel, de passage en Europe (il fait croire à sa femme américaine qu’il est à Genève) réussit à obtenir un rendez-vous avec Adriana. Mais elle a vieilli, elle est malade, et une aide à domicile veille sur elle. Pourtant elle n’a rien perdu du côté de l’éclat de ses yeux et Gabriel, qui a si souvent rêvé d’elle et de leurs retrouvailles, réalise qu’il n’a jamais cessé de l’aimer.
mardi, septembre 30, 2025
"La reine des lectrices" d'Alan Bennett (Royaume-Unis), traduit de l'anglais par Pierre Ménard

– Vous vous rappelez ce que je vous avais dit, que vous étiez mon tabellion particulier ? Eh bien, je viens de découvrir le terme qui me correspond : je suis une opsimath…"
C'est la reine d'Angleterre qui s'exprime, après avoir été touchée par la grâce lors de la tournée d'un bibliobus ! L'opsimathe, en français (nous dit le dictionnaire Littré) = « la personne qui apprend sur le tard, à un âge avancé. Caton l'Ancien, qui apprit, dit-on, le grec à 80 ans, était un exemple d'opsimathe.»
lundi, septembre 22, 2025
"Mon vrai nom est Elisabeth" de Adèle Yon (France)
On l’appelait Betsy, mais son vrai nom c’était Elisabeth. Elle aurait pu s’appeler germaine, Madeleine, Laura, Odette, Marcelle, Alice, Adèle ou encore Augustine.
Elle était née en 1916 et c’était l’arrière-grand-mère de l’autrice.
On la dit folle. Atteinte de schizophrénie. Du moins c’est ce que la légende familiale semble dire.
Et l’autrice s’inquiète : et si c’était génétique ? et que cela pouvait expliquer les troubles psychologiques qu’elle ressent ?
Car il y a surtout des non-dits. Les enfants qu’elle a eues ne parlent jamais de leur mère entre eux et n’en parlent pas à leurs petits-enfants. Le tabou est tel que l’un des enfants explique à Adèle que Betsy, « c’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c’était un non-sujet. »
jeudi, août 07, 2025
"Le Temps d’aimer" de Vital Heurtebize (France)
Homme empli d’une splendide spiritualité et d’une générosité sans frontières, à qui l’on doit un temps la présidence de la Société des Poètes Français, mais aussi la fondation de Poètes Sans Frontières, des éditions de la Nouvelle Pléiade…
Inlassable arpenteur francophone, qui nous fait aimer cette langue avec cette chaleur familière que je rapprocherai de Francis Jammes, pour moi un modèle de sérénité amoureuse.
vendredi, juillet 25, 2025
"Cévennes, un jardin d’Israël" de Patrick Cabanel (France)
Petite lecture au cœur de l’été.
Acheté à la librairie de Saint Hippolyte du Fort, La cigale à lunettes (!), il y a quelques jours, ce petit livre de 80 pages raconte de manière à la fois très elliptique et plutôt poétique l’histoire des Cévennes du début du 18e siècle à aujourd’hui. De belles pages racontant comment les hommes ont façonné le paysage en manipulant des pierres encore et encore pour rendre les terres escarpées cultivables. D’autres racontant aussi très bien l’exode rural… et l’arrivée de nouveaux venus.
À noter que c'est un éditeur de la région, Alcide éditions, qui publie ce petit livre dans sa collection Littérature. Ils font aussi de très beaux agendas !
Laurence Holvoet
pp. 70-71
« Savent-ils, ces nouveaux venus, qu’ils habitent un paysage qui fut un pan du génie industrieux des hommes ? Un espace dont la religion et l’histoire pourraient meubler une bibliothèque des livres qu’elles ont inspirés ? Un morceau de l’Europe qui nous a faits ?
mercredi, juin 25, 2025
Saison 2025/2026 et dates de nos réunions du samedi matin
La nouvelle saison – la 11e ! – c'est pour demain : à vos agendas !
Pour votre adhésion 2025/2026, c'est par ici !
Vous nous trouverez prêts à vous donner plus d'informations :
* Lors du Brunch des Ateliers organisé dans le jardin de la Maison pour Tous Frédéric Chopin (Montpellier) le samedi 28 juin à partir de 10h.
* Lors de l'Antigone des Associations qui se déroulera cette année le dimanche 7 septembre
jeudi, mai 08, 2025
Rencontre "Les Collecteurs écrivent aussi" au Gazette Café le 03/06
Mardi 3 juin 2025, à 18h au Gazette Café, Les Collecteurs vous invitent à une rencontre exceptionnelle !
En effet, nous, association de lectrices et de lecteurs, allons discuter ensemble et avec vous du lien parfois très étroit qui existe entre lire et écrire.
À cette occasion, les autrices et auteurs parmi nous seront invités par Nathalie Bouly à nous parler de leur travail d'écriture...
lundi, avril 28, 2025
"Taman Asli, sanctuaire d’un été oublié" de Cyril Dowling (France, Malaisie)
Foisonnant, échevelé, touffu, romantique, mystérieux… tel est «Taman Asli », de Cyril Dowling (le roman comme le lieu où il plonge ses racines). Si
vous ne supportez que le minimalisme, « l'écriture blanche »,
voire « l'écriture plate » (celle d'Annie Ernaux, selon Jean
Pierrot) vous avez le droit de passer votre chemin ! Mais ce serait
dommage. Laissez-vous plutôt emporter par les pluies tropicales,
plongez dans les vapeurs qui montent du sol malaisien ou du fleuve
parisien, les brumes de chaleur enveloppant le printemps et l'été
français de 1988, qui furent caniculaires, courez après les mirages
et les miroirs, les personnages gémellaires au reflet inversé :
Noor et Alastair, Alastair et Damien, Leila et Noor…