jeudi, novembre 24, 2016

"La triología involuntaria : El lugar", de Mario Levrero (Uruguay)


El Lugar

Un seul roman de Mario Levrero, mais plutôt parmi les mineurs, a été publié en France, c'est “Dejen todo en mis mano” (1996) / “J'en fais mon affaire", 2012 (l'Arbre Vengeur). C'est un texte sympathique mais qui me semble anecdotique par rapport à la puissance de la Trilogie Involontaire et aussi par rapport à la “Novela Luminosa, roman paru de façon posthume en 2004 et qui semble être en projet de traduction chez Noir sur Blanc si l'on en croit la page de l'agent ! J'ai celui-ci en cours de lecture et il joue énormément avec le lecteur en prenant des airs de journal intime, c'est plus imposant que les romans de la trilogie (567 pages !), mais tout aussi passionnant...

"La triología involuntaria : París", de Mario Levrero (Uruguay)


Paris
Mario Levrero, 1940-2004, né et mort à Montevideo, est devenu un auteur-culte pour toute une génération de lecteurs et d'auteurs uruguayens. Classé parmi les « bizarres » de la littérature de son pays, c'était un « touche à tout » qui s'est essayé à divers genres.
Il y a débat parmi les lecteurs passionnés de Levrero pour savoir dans quel ordre devrait être lue la « Trilogie involontaire » et surtout « Paris » et « El Lugar ». Nous nous conformons ici à l'ordre de l'édition « Debolsillo » car l'indépendance totale des trois intrigues rend le débat un peu inutile. S'il y a trilogie c'est parce que chaque fois l'histoire commence par l'arrivée (ou l'éveil) d'un homme dont on ne sait rien (ou presque) dans un lieu étrange aux règles incompréhensibles, où il va vivre diverses tribulations dans une angoisse de mauvais rêve. 

"La triología involuntaria : La Ciudad", de Mario Levrero (Uruguay)

La-Ciudad
Voici quelques mois, lors de l'une de nos réunions mensuelles, Antoine nous a présenté Mario Levrero, une sorte d'ovni littéraire qui a eu un mal fou à sortir d'Amérique du Sud ! Du coup, il nous a donné envie de le lire, bien entendu... Et puis comme un seul de ses romans est traduit en français, on a lu en espagnol... Et entretemps, le blog Les Lettres de mon Trapiche est né et son objectif est de parler en français de livres latino-américains pas [encore] traduits pour en faire la promotion ! Voici donc trois articles à suivre qui nous parlent des trois opus de "La trilogie involontaire" de Mario Levrero... Merci le Trapiche de nous les prêter !

1er article par Antonio Borrell !


La Ciudad
Mario Levrero, 1940-2004, né et mort à Montevideo, est devenu un auteur-culte pour toute une génération de lecteurs et d'auteurs uruguayens. Classé parmi les « bizarres » de la littérature de son pays, c'était un « touche à tout » qui s'est essayé à divers genres, mais son œuvre abondante n'est presque pas traduite en français : un état de fait incompréhensible pour qui la découvre tardivement et ne peut que reconnaître son caractère extraordinaire. Mais que font nos éditeurs, bordel ??? Ah, oui, ils traduisent tout ce qu'écrit Paolo Coelho !

vendredi, novembre 04, 2016

 "La longue nuit de Francisco Sanctis", de Humberto Costantini (Argentine)

La petite maison d’édition L’Atinoir a eu la merveilleuse idée de publier en 2010 ce très beau récit d’un grand auteur argentin malheureusement très peu connu ici et oublié dans son propre pays. « Un écrivain maudit, oublié par le système » disent ceux qui tentent de maintenir sa mémoire vivante. Ce porteño, né en 1924, fils d’immigrés juifs italiens, qui a passé son enfance dans le quartier de Villa Pueyrredón était tellement attaché à sa ville qu’il aurait souhaité ne jamais la quitter. Mais les années noires de la dictature en décidèrent autrement. Après la disparition de son grand ami Haroldo Conti, il fut contraint de fuir au Mexique. Pendant ses années d’exil il publia « De dioses, hombrecitos y policias » qui obtint le prix Casa de las Américas, ce qui fit dire à Cortázar : « Pour moi il est un écrivain important ». C’était un homme grand et robuste qui fut tour à tour, vétérinaire, vendeur, céramiste, enquêteur, passionné de tango qu’il dansait et chantait mais avant tout un écrivain, poète, homme de théâtre, auteur de contes et de romans.

dimanche, octobre 30, 2016

"The Night", de Rodrigo Blanco Calderon (Venezuela)


Tout commence avec une chanson du groupe Morphine, « The Night », à l’ambiance crépusculaire : « You’re the night Lilah, a little girl lost in the woods. You’re a folk tale, the unexplainable. You’re a bedroom story, the one that keeps the curtains closed ».(Tu es la nuit Lilah, une petite fille perdue dans les bois. Tu es un conte ancien, tu es l’inexplicable. Tu es un conte pour s’endormir le soir, celui qu’on raconte quand les rideaux sont tirés). Tout commence à Caracas en 2010 avec les coupures d’électricité décrétées par le gouvernement qui plongent la ville dans le noir et la transforment en un lieu étrange et inquiétant où l’on perd tout repère. Une jeune fille, Lila, (la Lilah de la chanson ?) a été assassinée. Un psychiatre, Miguel Ardiles, expert auprès des tribunaux, s’occupe de cette affaire. Mais il s’occupe également d’un écrivain en devenir, Mathias Rye et d’un publiciste amoureux des palindromes, Pedro Alamo. Ces trois personnages se retrouvent à l’atelier d’écriture qu’anime Mathias. Mathias qui veut en finir avec le réalisme magique et créer le réalisme gothique, un réalisme qui côtoie le fantastique et l’horreur, qui soit digne de Philip K. Dick et de James Ellroy. Mathias qui vient de commencer à écrire « La Nuit » !

mardi, octobre 25, 2016

"Le monde est mon langage", de Alain Mabanckou (France)


C’est parfois par son seul titre qu’un livre vous attire et suscite en vous le besoin impérieux de le lire. Bien-sûr on peut s’exposer ainsi à de cruelles désillusions mais quel bonheur quand le livre répond à votre attente ! C’est ce qui s’est passé avec « le monde est mon langage » d’Alain Mabanckou paru début septembre. Je dois avouer que je ne connaissais jusque là de cet écrivain chaleureux que son « look » résolument coloré et délibérément optimiste. Et je sais maintenant que ce « look » rayon de soleil est dû au « styliste congolais connu à Château-Rouge sous le nom de « Jocelyn le Bachelor »…. figure emblématique du milieu de la Sape, capable de convoquer Montesquieu et Lamartine entre deux essayages ». Au-delà de ce détail anecdotique, ce livre est un voyage, un voyage autour du monde et un voyage en littérature. C’est que son auteur, né à Pointe-Noire, au Congo, vivant en Californie et écrivant en français, est une sorte d’oiseau migrateur.

mardi, octobre 18, 2016

"Propagande" de Frigyes Karinthy (Hongrie)


Ce recueil de cinq textes atypiques publiés dans les années trente démonte la monstruosité des thèses fascistes et nazies et l’horreur de la folie de la haine qui s’abat sur l’Europe. D’une terrible actualité avec les phobies nationalistes et les rêves totalitaires qui sont de nouveau virulents. Lire Propagande nous alerte sur des possibles états racistes qui s’établiraient sournoisement si nous ne réagissions pas à temps pour faire échouer dans leur désir d’appliquer leur haine et intolérance à tout va des partis d’extrêmes droite qui renaissent et tentent de renouveler les bien insupportables expériences menées par Hitler et Mussolini.
Il faut faire face et ne pas craindre que le bruit de bottes mais aussi le silence des pantoufles. Car l’ennemi n’est pas le migrant ou l’émigré ou le communiste ou l’homosexuel… Mais bien celui qui exclue et qui est indéniablement destructeur.  
François Szabó 
Propagande, de Frigyes Karinthy, traduit du hongrois par Cécile A. Hodban, éd. La Part commune, 2016, 64 pages

"Katarina, le paon et le jésuite" de Drago Jančar (Slovénie)

Pour qui aime les romans où la quête des personnages principaux et aux tempéraments bien trempés sont moteurs. Ce roman est pour vous. Dans un dix-huitième siècle bien loin des lumières, dans l’Europe centrale méconnue à travers la Slovénie, la Bohème et la Bavière, l’on découvre Katarina partie de son village slovène à travers un pèlerinage vers Cologne et Aix la Chapelle. Entre cette femme et ses deux amours, entre deux pouvoirs, le sabre et le goupillon, nous retrouvons toute l’hypocrisie d’une société avec ses « vertus » et surtout ses peurs.
Le moyen âge n’est pas loin et l’émancipation des personnes n’est pas du tout d’actualité, fresque historique et intime « Katarina, le paon et le jésuite » est un plaidoyer pour une liberté qu’il faut toujours chérir, défendre et toujours réinventer car jamais acquise.
Un roman salvateur d’un romancier brillant et reconnu qui nous entraîne dans un voyage initiatique avec un grand message d’amour pour l’humanité.
François Szabó 
Katarina, le paon et le jésuite, de Drago Jancar, traduit du slovène par Antonia Bernard, Libretto, 2016, 564 pages



samedi, octobre 15, 2016

"El silencio de los pájaros" d’Horacio Cavallo (Uruguay)

Recueil de nouvelles d'Urugay ! Lecture recommandée par Antonio Borrell alias Antoine Barral, donc article publié également sur le blog Les Lettres de mon Trapiche !
Un jeune homme et son père reviennent au village en 2CV. Le voyage est l’occasion pour le jeune homme de faire réémerger plein de souvenirs...
Nelly, une couturière obèse travaille chez elle, vit dans une grande solitude, jusqu’au jour où elle se met à recevoir des lettres d’un mystérieux voisin qui se (sur?)nomme Botero…
Des musiciens en tournée, un aveugle, deux enfants sur son chemin…
Un grand-père emmène son petit fils à la plage, ils font une étrange pêche…

mardi, octobre 11, 2016

"Up in the old hotel and other stories" de Joseph Mitchell (USA)


These collected stories by Joseph Mitchell are the best way for us to try to understand the American myth, the American dream and disillusion. Life is a little crazy thing and Mitchell’s art is to make with words pictures of women and men like they live with all the strength and kindness for them.
Authors like Paul Auster, Henry Roth and Philipp Roth have, maybe not maybe yes, it depends, the same feeling about Big Apple but like him a huge imagination and art to make us wonder.
Mitchell works on short stories like an entomologist or like a surgeon, he cuts when it’s most efficient to cut, he tells us a sensational truth and lead us in the labyrinth near of the limits of madness or strange very strange world. It’s a cult book! And it’s more than interesting to read it, it’s a travel on the human consciousness and a goal of the life with at the end of the book Joe Gould’s secret we find truly like a Borges’ story!

"Ce qui nous sépare" d'Anne Collongues (France)

J'ai découvert le premier roman d'Anne Collongues, une jeune femme photographe de 30 ans. Paru chez Actes Sud en 2016.
Il s'agit d'une galerie de portraits de personnages qui ont en commun de tous se trouver, un soir d'hiver, dans le même RER.
Ce sont sept personnages ordinaires, trois femmes et quatre hommes, qui n'ont a priori pas grand-chose en commun si ce n'est le fait de se trouver au même moment dans un RER qui va de Paris vers la banlieue nord-ouest. Chacun-e se perd dans ses pensées et mène ses réflexions au rythme des mouvements du RER.
Ils semblent distants les uns des autres, chacun-e dans sa bulle :

mardi, septembre 20, 2016

Une nouvelle rencontre avec Aro Sáinz de la Maza le 4 octobre !


Les Collecteurs, saison 2, les affaires reprennent !

Edit du 27/12/16 : Vous pouvez retrouver Aro dans cette belle émission des Amis du Grain des Mots sur Radio Clapas !

Notre première réunion mensuelle de la saison se tiendra ce samedi 24 septembre, vous trouverez toutes les infos nécessaires : !

Et notre première rencontre littéraire publique se tiendra, elle, le mardi 4 octobre 2016 à la Brasserie Le Dôme, à Montpellier (détails !). Et nous aurons pour cette occasion l'immense plaisir de revoir Aro Sáinz de la Maza, l'auteur de polars talentueux du Bourreau de Gaudí, qui viendra nous présenter la suite des aventures de Milo Malart et de Rebecca Mercader, qui sont à nouveau en mission dans une Barcelone cette fois-ci pluvieuse et froide...

mardi, septembre 06, 2016

« Villedéogramme » de Jean-Claude Awono (Cameroun)...

... une ville à déchiffrer...


Ce recueil, Villedéogramme, pourrait être un manifeste poétique avec son lot de politique et d’ontologie.
C’est avant tout une forte manifestation d’images et un désir de montrer sans détours une réalité à appréhender. C’est la modernité faite parole et racines repères de l’être humain.
« Sur la paraphrase matinale / Et la parabole rectiligne du poème / Je plante l’étendard de la nouveauté pluréelle / Et je solde la sourde traction des thèses tribales / Avec les tractations du large / Dans le campus du poème / J’érige et j’exige / Le label de la liberté […] »
Pouvoir poétique, croisée des destinées dans l’âge numérique, connexions humaines déchiffrées dans la libération de l’expression.  Cyberécriture comme réponse à un futur mâtiné d’inconnues issues, c’est en rendant à la poésie aussi sa forme orale que se déchaîne Jean-Claude Awono par sa fougue pleine de secret et de précision autant dans la forme que dans l’imagination en néologismes indispensables pour accueillir le monde en constant mouvement.

mercredi, août 24, 2016

"En cherchant Majorana. Le physicien absolu" d'Etienne Klein (France)

Parce que Les Collecteurs sont des lecteurs invétérés, même lorsqu’ils ne se parlent pas le temps des vacances, ils restent branchés sur les mêmes ondes !
Voici donc la « réponse » de François à Françoise ! Elle nous parlait de « La deuxième disparition de Majorana » de Jordi Bonells, et voilà François qui nous par de « En cherchant Majorana » !


"Dans En cherchant Majorana : le physicien absolu, Étienne Klein donne sa version parmi les hypothèses émises au sujet de la disparition du génie Ettore Majorana, qu’il faudrait comparer au livre de Leonardo Sciascia et également à celui de Jordi Bonells que Françoise vient de nous présenter.

mardi, août 23, 2016

"La deuxième disparition de Majorana" de Jordi Bonells (France)

Rouvrant une enquête initiée par d’autres et notamment par Leonardo Sciascia (« la scomparsa de Majorana » 1975), Jordi Bonells – catalan français - s’interroge sur la disparition, en 1938, du brillant physicien italien, Ettore Majorana, dans un petit livre passionnant.
Majorana s’est-il noyé en mer comme cela a été officiellement annoncé à l’époque ? S’est-il réfugié dans un monastère comme le suggère Sciascia ? Ou a-t-il « disparu » en Argentine comme d’autres le pensent, dont un ami de Jordi Bonnels qui lui demande d’enquêter sur le sujet, à l’occasion d’un voyage qu’il doit faire à Buenos Aires. Cette recherche est d’abord anecdotique, il trouve quelques pistes, obtient à peu près la preuve que Majorana s’est bien réfugié en Argentine, à Buenos Aires mais tout reste très flou.

jeudi, août 11, 2016

"Retratos cubanos" d’Alicia Yánez Cossío (Équateur)

Allez, un petit article dans la torpeur de l'été !

Il s'agit d'un recueil de nouvelles courtes, de « choses vues » à Cuba entre les années 1956 et 1961, période cruciale dans l'histoire de la grande île, avec la guerrilla et la révolution menées par Fidel Castro. Les textes écrits sur le moment ayant été confisqués au départ de Cuba, l'auteur a dû les réécrire bien plus tard pour ne les publier qu'en 1998, après plusieurs romans et œuvres poétiques qui lui ont permis de se placer parmi les écrivains équatoriens les plus reconnus de sa génération.
Alicia Yànez Cossío, équatorienne, est née à Quito en 1928 et a fait preuve très jeune de sa vocation littéraire. Étudiante en Espagne au début des années 1950, elle y épouse un jeune cubain étudiant en droit. Le ménage séjourne ensuite en Équateur par moments, et à Cuba. D'abord favorable à la révolution et voulant y prendre part, le couple sera bientôt déçu par la rapide dérive dictatoriale et devra s'exiler avec ses enfants en abandonnant tout sur place...

vendredi, juillet 01, 2016

"Mal de pierres" de Milena Agus (Sardaigne)

Aujourd'hui, on remonte dans le temps... Un livre de 2007... Milena Agus est venue à la Comédie du Livre cette année, l'occasion de découvrir/redécouvrir ses livres... Françoise et Claire ont lu Mal de Pierres !
"Milena Agus dit d’elle-même qu’elle n’est pas un écrivain. Elle nous permettra d’en douter ! Elle dit aussi qu’elle écrit « sur des gens qui n’avaient ni chance ni amour dans leur vie » et « ce que je raconte est en partie vrai et en partie inventé. Les deux se mélangent si bien que je ne me rappelle plus ce que j’ai inventé et ce qui est réel ». Ce qu’elle dit ici de son écriture s’applique parfaitement à « Mal de pierres ».
« Mal de pierres » c’est l’histoire d’une terre difficile et magnifique, la Sardaigne. C’est aussi celle de ses femmes, dures à la peine et souvent sacrifiées. C’est surtout celle d’une belle jeune fille à la magnifique chevelure brune qui souffre du « mal des pierres », des calculs rénaux qui la font horriblement souffrir et sont le signe d’un mal plus profond, qui la ronge de l’intérieur, celui de ne pouvoir réaliser son rêve d’un amour idéal, rêve qui la poursuivra toute sa vie durant. Mais elle n’a rien d’une Emma Bovary. Elle va de l’avant, affronte la réalité avec vaillance en épousant un homme qu’elle estime mais qu’elle n’aime pas.

vendredi, juin 24, 2016

"La Solitude du Quetzal" de Jacky Essirard

 Avec les beaux jours, on ne lit pas moins, mais on passe moins de temps devant un écran ;o) ! Bon, on va quand même essayer de se rattraper avant la trêve estivale !

Voici donc le sympathique petit deuxième* des toutes jeunes Éditions Yovana, un carnet de voyage. La Solitude du Quetzal nous emmène sur les routes du Guatemala où celui qui tient le stylo tente d'oublier une grosse déconvenue amoureuse... Il est venu chercher le dépaysement et l'oubli, mais - c'était prévisible ! - on ne se débarrasse pas si facilement des choses qui nous blessent, ça se saurait !
Alors, d'étape en étape, on découvre avec lui des bribes de paysage, de ville, de village, de rivage, etc. On rencontre des chauffeurs, des vendeurs - toujours beaucoup de vendeurs quand on est touriste ! -, des homologues, et aussi quelques habitants - si si ! quand on en a envie, on réussit toujours à en rencontrer... Mais invariablement, dans le récit de chaque étape, la raison du voyage, ce que le voyageur cherche à tout prix à oublier, s'invite en impromptu, en boucle, en leitmotiv...

mardi, mai 31, 2016

"Sálvame, Joe Louis d'Andrés Felipe Solano (Colombie)



Andrés Felipe Solano est un jeune écrivain colombien (Bogotá, 1977) distingué par la revue Granta en 2010, qui commence à être connu aussi bien pour ses chroniques journalistiques que pour ses romans. María Inés McCormick l'avait interviewé pour nous !


Sálvame, Joe Louis est son premier roman paru en 2007. Il a été suivi de Los hermanos Cuervo en 2012 (auquel nous avons déjà consacré un article) et par Corea : Apuntes desde la cuerda floja en 2015 (qui a reçu le Premio Biblioteca de Narrativa Colombiana de la Universidad EAFIT).

lundi, mai 30, 2016

Trois 'petits' romans italiens lus par François Szabó !


Après l'énorme 'Gli increati', voici trois 'petits' romans italiens que François Szabó a lus pour préparer sa Comédie ! Il a aimé ! Fois, Bajani et Murgia étaient tous les trois invités ce week-end à Montpellier.



“L’importanza dei luoghi comuni

Marcelo Fois

Einaudi, 2013. 152 p.


Marcelo Fois con L’Importanza dei luoghi comuni, presenta la difficoltà da vivere insieme, quello che possono dire o no, quello dove se sbaglia qualcuno nella vita, una meditazione da lettura leggera e facile ma con una forza incredibile.



Publié en français sous le titre Cris, murmures et rugissements, trad. Nathalie Bauer. Paris, Seuil, 2015

lundi, mai 23, 2016

Soyez HUMEURS NOIRES !

Une fois n'est pas coutume, nous avions envie de partager avec vous une demande de soutien d'un tout jeune libraire qui doit faire face à l'adversité !

Le Corbac (alias Olivier Vanderbecq) est pourtant un libraire qui officie bien loin de chez nous puisqu'il a ouvert boutique dans le quartier de Wazemmes, à Lille ! Mais, bon, il a bon goût puisque parmi ses premiers invités il y avait Anne Bourrel ;o) !

Pour le découvrir, rendez-vous sur sa page facebook : pour faire des économies, il a dû fermer son site internet...

Bref ! Nous vous invitons à lui donner un coup de main via Ulule... Pour en savoir plus, rendez-vous sur le projet de soutien !

Voilà ce qu'il y dit :
Maître Corbac sur son rêve perché tenait dans son bec un livre. Par le projet alléchés nombreux ils furent à l'accompagner et ainsi la Librairie Humeurs Noires fut créée et une employée pour le seconder embauchée.
Or il advint qu'un individu malintentionné fit on ne peut plus mal l'exercice de son métier et ainsi Maître Corbac faillit voir son rêve se consumer. Ne baissant point les ailes, de ses petites griffes il compta bien s'accrocher et misa sur l'accompagnement de son banquier.
Ce dernier ne se sentant déjà plus concerné menace déjà de l'abandonner alors qu'un trou imprévu de 16 000€ il y a à combler.
Actuellement les comptes sont gelés et le Corbeau tous ses moyens propres a déjà utilisé; c'est donc vers vous qu'il a décidé de se tourner.

Alors si vous pouvez........

"Guerres d'une vie ordinaire" de Lamia Berrada-Berca (France-Maroc)


Après Kant et la petite robe rouge, je ne pouvais que lire Guerres d'une vie ordinaire, chaudement recommandé par Christine Parrant (cf. article du 18 avril dernier). C'est chose faite et, oui, je me suis régalée. C'est un petit livre qui fait environ 150 p. Tout comme dans Kant etc, son écriture est légère, sautillante presque, poétique certainement, même si elle raconte une réalité pas vraiment gaie.
Nous sommes dans la vie d'un jeune homme qui habite un faubourg déshérité, dans un pays dont on rêve souvent de partir. Et ce jeune homme cherche sa place, souvent terrassé par le mauvais sort qui s'accroche à vos basques quand vous vivez dans ce genre d'endroit. Il cherche sa place et, pour gagner et garder sa dignité, il en vient à livrer bataille à tout un tas de petits détails de la vie quotidienne. Un boulot, une femme, c'est ce à quoi il aspire….. comme presque tout le monde en fait. Et c'est sans doute pourquoi on le suit avec intérêt, porté par la belle écriture de Lamia Berrada-Berca…

"Gli increati" d'Antonio Moresco (Italie)

Pour continuer à préparer la Comédie du Livre dédiée à l'Italie, voici quelques mots de François qui a lu un monument !
"Gli increati è un romanzo gigante dove il lettore sta fra vita e morte perché sta nel tempo che viene dopo e che viene prima, perché ha dimenticato su realtà… Meditazione sopra la creazione letteraria anche sopra lo vivo che perdura nella morte, senza sapere che viene prima, riflessione sopra dove siamo, perché l’immagine de infanzia è strutturante, e al finale la permanenza degli increati nel mondo.

jeudi, mai 19, 2016

Anthologie « Soyons le changement… Nouvelles tendances dans la littérature italienne » dirigée par Angela Biancofiore

Notre rencontre du 10 mai dernier au Gazette Café, animée admirablement par la co-lectice Josiane Gourinchas, a été une fois encore très riche. En voici un petit compte-rendu rédigé par la co-lectrice Françoise Jarrousse assistée de la co-lectrice Laurence Holvoet !
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L’idée conductrice du travail dirigé par Angela Biancofiore, professeur en Études Italiennes à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, et réalisé par ses doctorants, Romano Summa et Sondes Ben Abdallah, et par Manon Rentz, étudiante en Master traduction spécialisée, tous désireux, dans la perspective de la Comédie du Livre, de faire connaître de jeunes auteurs italiens, leur a été inspirée par une phrase de Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons dans le monde ».

mercredi, mai 04, 2016

Notre 4ème rencontre publique : Un avant-goût d'Italie, pays invité de la Comédie du Livre 2016 !

Quelle écriture pour la langue italienne aujourd’hui ?
Autour de l’anthologie à paraître Soyons le changement…Nouvelles tendances dans la littérature italienne contemporaine (éditions Levant et Euromédia, 2016), Les Collecteurs ont le plaisir de vous inviter à rencontrer Angela Biancofiore, Professeur de Langue Italienne à l’Université Paul-Valéry, Montpellier, ses doctorants, Sondes Ben Abdallah et Romano Summa, et Manon Rentz, étudiante en Master traduction spécialisée.
Cette rencontre se tiendra le mardi 10 mai 2016 à 18h au Gazette Café , 6 rue Levat à Montpellier !

Edit : vous trouverez le compte-rendu de cette belle rencontre ICI !

mardi, avril 19, 2016

« Théodose le Petit » de Răzvan Rădulescu (Roumanie)

« Théodose le Petit » de Răzvan Rădulescu
traduit du roumain
par Philippe Loubière
Zulma


Un roman bien singulier que ce « Théodose le Petit » : Fable ou conte autour des luttes intestines du pouvoir avec toujours un humour acéré et des personnages hauts en couleur usant de stratégie et en quêtes machiavéliques virant à l’absurde, non d’un « jeu de massacre » à la Eugène Ionesco, mais tout de même cruel bien que l’auteur prenne le parti plutôt de rire de ce monde burlesque.

« Sept hiboux » de Gyula Krúdy (Hongrie)

« Sept hiboux » de Gyula Krúdy (Hongrie)
Roman traduit du hongrois
Par Gabrielle Waltrin
Editions des Syrtes

Direction Budapest où deux auteurs de deux générations différentes tentent de naviguer dans le monde littéraire avec ses codes et ce charme parfois suranné.
Gyula Krúdy est un magicien : prolifique romancier, il a l’art de nous faire vivre les heurs et malheurs d’hommes exaltés, de femmes parfois sentimentales, mais des personnages non monolithiques, avec qui on partage toute une atmosphère de Mitteleuropa, d’histoires personnelles avec une présence de femmes écrivaines bien réelle, car Krúdy fait référence à un monde qui a bel et bien existé et il leur donne une place importante ; elles ne sont pas que muses, tous les noms cités sont réels.

lundi, avril 11, 2016

« Tout est halluciné » de Hyam Yared (Liban)


Dans "Tout est Halluciné", dernier roman de Hyam Yared, nous sommes confrontés à l’énigme que subit l’héroïne du roman Justine, « née à cinq ans » suite à un coma et une amnésie. Entre quête initiatique d’une réalité voilée d’Egypte au Liban, dans l’étrangeté d’un père et d’une tante protecteurs, dans une vie semée de dangers et de non-dits, dans l’alcôve de secrets bien gardés, nous sommes, Justine et nous, lecteurs, toujours en retard, toujours dupes. Emportés que nous sommes par la quête de Justine de sa réalité mystérieuse, nous demeurons fétus de paille emportés par la violence de la réalité entre histoire personnelle et histoire collective de ce Moyen-Orient que nous avons, nous occidentaux, du mal à appréhender.
Avec brio et le talent de nous tenir en haleine, Hyam Yared signe, dans ce quatrième roman, une histoire singulière avec en toile de fond des réalités du Machrek, des nostalgies du règne du Byzance du père, et les espoirs déçus de la jeunesse quant aux printemps arabes.